mardi 31 mai 2011

On voudrait

On voudrait que l'émail du désir se conjugue en mots. Qu'un souffle porte à bout de bras la rencontre de deux haleines puis celle du décor des corps. A la fleur tressée dans les cheveux, le b de la beauTé frissone des sensations charnelles.
On voudrait voir d'en haut cette affinité infinie.
On voudrait prendre. Du recul. Du temps. Par la main. Par la bouche. Les sons donnent des sens effarouchés.
On voudrait sentir et sans vous, on tiendrait.
J'ai perdu un grain sur la plage. Reste le chat sans la folie.

dimanche 29 mai 2011

Mesurer la chaleur

Ombre. Elle flotte, se plie, se courbe se floutte. Puis elle se fond avec la couleur qu'elle recouvre et grise. Les lignes de suite courent aveuglément. Fougueuse, je mesure la chaleur aux reflets de vos fronts qui plissent des sourires figeants. L'eau est si plate qu'elle en est sèche. Le vert est poussiéreux. La chaleur qui colle les peaux recrache un magma d'humaine braise. Cendreuse la peau n'ouvre plus la page blanche où tu tracerais ta toile. Elle crachote sa sueur par chaque pore et au loin l'horizon pousse devant lui les chalutiers vers le chenal. Et au loin le trait blesse le ciel du sang du soleil.

Négation

Les rails s'étirent, s'allongent, s'étendent. Je lâche un doigt, mes pieds sont sur ce chemin de faire qui soudain s'émeut et monte et descend. Deux mains qui ne sont pas à moi me main-tiennent. Comme un culbuto, mon corps aux jambes immobiles se penche d'un côté puis de l'autre: une main à l'épaule, l'autre dans le dos me balancent et me condamnent à leur faire confiance. Cette tige froide où je m'accroche, pas de bras tendus, aucune retenue. Que dit mon visage de ma naïveté quand j'ai les yeux fermés. Le regard éteint. La main vide. Le corps nie, ère.

jeudi 26 mai 2011

Equilibre

Licencieux silence au bout duquel balance l'équilibre de nos fragilités. Comme un berceau la main se creuse et protège. A la longueur des doigts "la longueur tais-toi". Guillemets en pincettes tracés dans le vide autour du mot dans la voix. Maudits, ils flottent dans l'air.
J'ai ta peau en creux de moi. Mon cœur lucide semant du vide. Je lui ajoute une croche.

mercredi 25 mai 2011

Silence brodé

Au sein pourpre qui n'existe pas.
Le dos de la main rêche laisse une trace rosée sur le visage caressé.
Les pépiements picorent l’ouïe: un silence brodé pour de chastes oreilles.

Cycle plumaire

J'ai butté dans demain à l'aile ronde. J'ai piétiné son aube et l'ai réduite en mouettes. L'océan derrière les immeubles lance de vagues imaginaires avec fracas sur les pages de mon esprit.
De l'aile ronde tombe en tourbillonnant un cercle plumaire. Je prends dans ma main des tourbillons échappés et les renvoie dans les plumages des nuages.
Demain dément.

Enigme

Insistance ponctuelle du soleil sur ma peau.
Lourds pointillés de lumière où se découpe la silhouette du temps.
Opaques, les rayons sont vides. J'étale et j'exagère les taches de lumière.
Or qui délimite les traces de l'énigme.

Une mèche

La ligne ment, elle frise le ridicule. Qui devient longue boucle élancée toute de blond vêtue.

lundi 23 mai 2011

Encore un soir

Les consonnes jouent avec les mots à saute-mouton, les voix, elles, lient dangereusement.
J'entends voler les oiseaux et déchiffrent leurs trajectoires.
Encore un soir.
Drapé de soleil couchant, il avance si lentement vers moi. Les ombres de mes mains s'approfondissent. Le gris pixelise les lumières.
Un soir. Bas. Tard.

Espace inaxé

Ecarts oranges en éventail de l'oeil vert éclairé de nuit bysantine. La courbe de la nuque détourne la tension tandis que le sous-rire plisse le visage qui le porte.
J'entends rêver les ans.
"Donne ta main" range la voix. Et découle du temps l'inaxé espace. La peau fripée ment des couleurs et des grains de folie. Jette aux flammes les poudres qu'elle cache dans chaque tache.
J'ai besoin d'l pour que les mots glissent mieux et ne grattent ni la gorge ni la tête.

dimanche 22 mai 2011

Inverser le dire

Brisure brûlée aux mains qui touchent et tâchent de gris le coeur.
Usure élancée des lettres dites et redites. Lancinants énoncés qui tirent les notes vers le grave élude le sens. Inverser le dire.
Le poing est tant serré, l'eau jaillit de ses plis. Ce n'est pas pour avoir dit oui un jour que se dit oui toujours.

La barre raide de l'horizon

Des lignes fracturées. Sur la barre raide de l'horizon qui vente des souvenirs de mer dans les accents de mouettes improbables, je sculpte des immeubles du doigt. Ecrabouillée du dedans, j'étoile les mouvements issus de moi de perles baveuses et bleu.
Que l'on cesse, que l'on ne me touche plus. J'ai le mal de mère saisonnier et mal armée je suis ensuite de gestes adroits et maléfiques.
Je frappe dans mes mains pour faire s'envoler de mes brisures les regards et les doigts. Les traits blessés pendent au bout de leurs fractures.
Que viennent les bains salés et partent les maints baisers.

samedi 21 mai 2011

Reprendre le souffle...

Au crystal du mot se taille le bruit d'un coeur. Aux nous mal tapés, j'ajoute le gris. Magma de sons au réveil, où sortir des blessures vivaces: aucune respiration ne permet à mon ouïe de reprendre le souffle.

mercredi 18 mai 2011

L'arrondi noir du temps

A l'arrondi noir du temps, un col de lettres te serre le cou de sens. J'y étire de la lenteur avec des h pour chalouper la démarche. Tes hanches dessinent de l'infinitude couleur agrume. J'oublie les échos ensanglantés de vin. J'attache mon coeur en bandoulière et le sens battre à mon pas. Encore une encolure ponctue ton corps d'enluminures. A chaque geste une lettre appelle une signification et sa couleur. Alors quand nos mains se prennent une étole de soleils vibre dans le vent qui font briller nos émotions. Quand les tiges des noms changent, émue et muette, je lis le tien qui pousse encore un peu en moi mais ne germera pas.

Accidents esseulés

Dans la foule amère flottent des membres esseulés et des accidents sonores.

mercredi 11 mai 2011

Mikado solaire

Au fourbe qui mêle le bleu et le jaune, le silence emprunté du soleil gomme le front fier. Linéant le ciel d'une longue phrase, l'avion focalise le passé sous ses aîles variées. Il confetise le bleu et le jaune avec des taches d'orange et des traînées vertes, le fourbe foule l'herbe démésurée où je sens l'épaisseur de ton sourire me cueillir l'instant. A tournoyer sur soi, le soleil nauséux bouscule l'agencement des nuages dans les ciels ravageurs où l'hirondelle venge ce regard que tu me fermes. Chaque ciel ouvre sur un autre espace tant attendu. Ils ont tous déssiné ton visage avec le vent, la foudre, la pluie, l'éclair. D'un coup de crayon je dissocie les traits avant de les éparpiller en mikado solaire.

Un gris gommé

Je lumineuse le ciel trop lourd de se porter au-dessus de nous. Il crépite et renvoie les échos à leurs envoyeurs. Il fulmine au-dessus des cheminées d'usines. En serpentant dans la zone, l'herbe a attiré les verdures qui se faufilent dans tous les interstices et les grillages qui suivent les courbes de nos pas. Il est trop tôt pour se désaimer. Et le ciel d'un gris gommé fronce des nuages. Des touches de blanc trahissent sa clarté profonde. Seules les corneilles gravent leur sillage. Les autres oiseaux ponctuent ici ou là l'étendue boudeuse que mes yeux froissés n'arrivent pas à lire.

mardi 10 mai 2011

Soleil navré

A l'aurore sonore des grains de lumière se jettent avec fracas par la fenêtre. A la chaleur nuitale se tressent les rayons d'un soleil navré.

Le ciel sans arc

A plisser le temps, les secondes se chevauchent dans le regard taquin. Sortie du gouffre, ta voix me happe et j'éternise les silences loin de tes yeux. Chaque couleur se défie de toi et je ne vois le ciel que sans arc. Des gouttes de douleur perlent là où nous étions attachés. Le coeur cicatrise mal, tout juste un soupçon, à peine un regret et il saigne. Le savoir de toi manipule mes attentes. On m'a enlevé mon lest, je flotte sans attache à la vie qui passe. Gonflée de vide, je perds pied. Il manque une attache, un port.
Je ne savais pas que le mal au coeur pouvait s'attraper par les oreilles.

Sans lendemain

Arabesques des ombres élancées où flottent les effluves sans lendemain.

vendredi 6 mai 2011

A nos coeurs

Aux membres déridés de chair, l'être invisible revête des voiles et accessoires inaccessibles. Indicible est la plaie qui s'ouvre de mon coeur à ma bouche. Un sens sait mais n'exprime pas. Tes yeux croquants vident l'aquarelle de mon esprit flottant comme un drapeau sans pays. Toile blanchee qui sous la lame saigne des vers et des bleu balbutiants. Lavis ténébreux où les aplats disputent ta profondeur au non être. Le néant palpitant écrase des caresses pour en broyer le parfum.
J'inspire. Peut être. Petit mot pour déserter les coeurs cherché, cueilli, ramassé mais pas porté. Il cloue les derniers échanges auditifs et creuse les paumes.
A sa main le blessant.
A nos coeurs la brûlure.

mercredi 4 mai 2011

Sentis éterneux en creux

Seule l'âme d'une ville chuchote minimaliste des silhouettes singulières sur le bleu juste créé par l'absence soudaine de lumière éclectique. Au creux de l'oreille ta voix si sourde qu'elle en mange les mots écrit des apnées à mon coeur essoufflé. Ma peau sèche et froide creuse en négatif ton individu maltraité par l'absence et le non-temps.
Et le longtemps mendie encore nos sentis éterneux.

A l'ombre verte des jours

Sous les sons se mêle aussi un fond de tristesse. Des gorgées de larmes s'accumulent jusqu'au bord de mes lèvres. J4entends retentir cet adieu comme une arme à eau qui m'anéantit du dedans. Le rythme de mon coeur boîte en décadence et j'oublie les doigts emmêlés.
Et je les désoublie encore et toujours, je te cherche dans ma nuit et les larmes aux yeux je n'y vois pas mieux.
Comment me désaimanter de toi? Cette dentelle qui reste de nous si fragile qu'elle tomberait en poussière des toiles quenous avons déclinées à l'ombre verte des jours.

Rien n'a son nom

A la rosée de l'oeil, la buée matinale délivre des gouttes de pleurs.
Des livres dégouttent des larmes. Insensés, les fils des récits se décousent en blanc où perle la nuéee dénudée. Glouton le sens signifie mal et val.
Vaille que vaille, les vallées voilées s'aglutinent entre les sommets. La nuit bruisse de sons aériens et rien n'a son nom.

mardi 3 mai 2011

Il pleure comme il pleut

Il lutte. Comme il pleut.
Il pleure. Comme il pleut.
Là manque le gris, ce voile de tristesse qui s'est enroulé autour de mon coeur mais pas du temps. Immobile dans la douleur, je laisse couler les couleurs fondantes, les laisse dégouliner tout au long de mon âme. Aux pieds du jour, mon coeur et le tien se noient et se serrent très fort. Dans la mélasse des resentis, mes doigts poisseux de tendresse s'accrochent encore à ces bouts de toi que je garde dans ma vie.
Comme l'eau peut être trouble malgré sa transparence. Il fait mal comme il fait beau: trop.
Je déchiffre les toits comme la partition d'une nocturne.
Ma voix grince et se crispe. Et j'entends tant le bleu dans ce marasme que je défigure toute autre franchise ou couleur.