mercredi 30 juin 2010

quand les vagues cognent les roches nues

J'ai caressé les couleurs, elles ont rougi et ronronné, allongées sur la soie.
Je ne buvais plus que de l'eau pour appeler la pluie. J'épongeais les maladresses de mes grandes affections et de mes longs gestes. Gorgée d'envies, j'ai créé un espace de silence au milieu des voix et des êtres. Je m'y lovais comme dans une bulle de savon et de fraîcheur.
J'ouvre les bras et j'écarte les volés à la dérobée. Dans le battant, une silhouette qui n'est plus la mienne. La peau, elle, se souvient d'un autre corps qu''elle recouvrait.
En des temps clos et rangés, la voix grésille et engage ses voluptés dans de graves puissances.
Et les peaux se déshabillent de leurs frissons et parcourent la profondeur du son pour y atteindre la préciosité de la bonne vibration quand la mienne se hérisse et garde le vous pour trembloter un peu.
D'amples devenir nichent derrière toutes ces peaux suspendues à leurs silhouettes. Je les palpe des yeux quand ma voix les saisit.
Et prise d'un amour voilé et volage, je me love à l'abri de mon présent et regarde défiler les silhouettes du passé au fond de ce tiroir à demi fermé.
Envoilée de matières, j'invente mon devenir d'alors. Le temps hésite, il est incertain. Je me vois longue et sombre et toutes les lumières invitées dans ce tiroir ne sauraient éclairer d'un sourire cette triste et pâle figure. Mes bras s'ouvrent malgré moi comme pour prendre en eux ce petit être décoloré pour lui redonner les bonnes joues roses et le visage fin que le regard grinçant entame de ses sombres oeillades sculptées dans la raideur de la souffrance.
Mais l'image déjà se fâne et reste un parfum de mer, comme une réminiscence, quand les vagues cognent les roches nues de mes pensées...

Temps

Labile petite fraîcheur se cache dans un grand verre d'O.
Je grimpe après le H et tend mes 2 bras vers un petit nuage frippon. Je lui souffle dans les bronches, il gonfle et prend des airs de caïd absorbant tous les éphémères collègues.
Quand je regarde vers le bas, la lumière est rude, cassante, l'air y est épais. Pas une once de brise. Tout est englué dans cette torpeur et les gestes graciles ressemblent à des étoiles qui luient une fois mortes.
J'enbouche un sourire, il se crispe et finit en grimace fondue. Mes pas sont ceux d'un autre monde. Mais à mes oreilles quelques notes échappent du silence en une phrase musicante.
Ne m'attend pas.

mardi 29 juin 2010

Jouer avec les gris des enfants

Ombres des ombelles sur le chocolat de toi.
Dans un long soupir, leurs longues tiges maladroites.
Dans l'angle d'ouie, un grincement dit le vent.
Dans la main, l'ombre facile est belle. Lové dans le creux de soi, le coton arrache des cris de fureur aux nuits passantes.
Le bois écrit sa langue dans les nervures.
J'ai ta main au-dedans.
Mon souffle gémit et le vent sculpte des larmes à mes joues. Pas assez frais il m'entame.
Fil de doigt à toi, émue, je presse ma peau bavarde sur les matières. Le chuchotis des feuilles joue avec les gris des enfants.

mercredi 23 juin 2010

La beauté rase les murs

J'ai développé les l à fleur des peaux. J'ai rangé la voix dans celle de l'eau. J'ai bordé mes yeux de couleurs acidulées aux tendres dentelles. Là le sens échappe aux miens.
Tendue comme un fil de pêcheur, je m'arcboute et plie sans rompre mes voeux ni le silence. Etrange arabesque que traverse le devenir de ce corps accord.
Quand le soleil baise ma main qui sautille au-dessus des lettres... Je cherche la fraîcheur verte d'un silence de repos.
Tapageuse, j'entoure de mystère et de mes bras les souvenirs frappants ou gênants. J'enroule dans ma main des voyelles émiettées et j'inspire les odeurs voisines de deux peaux.
Dans la sciure des mots volée, je plonge mes bras et en resors brillante. Toute pailletée de sons, je secoue les voyelless dans la besace. Elles jouent un air simplet et de fatigue. Je les nourris de consonnes et laisse les syllabes faire leur cirque jusque sur mes papilles.
Un goût de langué sucrée réunit les saveurs aimées en des adjectifss taquins. La beauté rase les mûrs échanges pour leurs âges.

mardi 22 juin 2010

Le photographe en peinture




Tous les poteaux

Tous les poteaux indicateurs regardent le canard se diriger seul. Le métal s'est mis au bleu pour chevaucher le canal. Allongée loin au-dessus, je compte les mots de trop et traverse les silences comme des nuages. Les noires colonnes de mes souvenirs se fondent dans les ombres et la fraîcheur menteuse est douce à ma peau. Les rayons du soleil arrivent ici pliés en deux

Fantôme

Retenir les mots qui viennent me parler de toi. A travers un tissu blanc, les faire passer, les filtrer. Sentir mon sommeil encore enroulé dans ton cou, me détacher de toi et retrouver la grâce peut être.
Manquer de lui comme d'air, alors ouvrir un peu.
J'ouvre les yeux sur mon coeur découvert: je me sens nue de toi, tu n'es plus là. Cesse de raser les parois de mon être, mon âme cassante voudrait te briser, t'éparpiller. Mais ton odeur insaisissable ne se laisse pas écraser entre mes doigts.

dimanche 20 juin 2010

L'aube se déshabille

L'aube se déshabille de la nuit. Elle laisse glisser ses dessous de soie bleutés jusqu'à ses pieds. Sur sa peau les grains de beauté deviennent verts. Et j'entends sa petite voix qui pépie dans l'ampleur du silence encore un peu nocturne. De trilles en petites notes célibataires, son chant perce le long calme.
Je lève le drap et appelle la nuit à se réfugier encore un peu tout contre moi. Ses pieds sont froids, je partage avec elle la chaleur de mon empreinte. Je la serre fort. L'oiseau se ravise et se tait.

mercredi 16 juin 2010

Chaîne

Au puits des amours perdues pend une chaîne enroulée sur la poulis du lien à l'eau. Par sottise j'ai renversé le seau, mon reflet se dispute avec les autres dans cet étalé. Ma main enroulée dans la chaîne dégage les maillons tendus contre la pierre. Et je pense à ceux qui m'aimaient et que je ne pouvais chérir et la chaîne resert son étreinte si fort qu'elle presse des larmes hors de mes yeux.

La mer comme une évidence

Enrubanée de bleu, je porte la mer comme une évidence à mon cou.
Les palpitations de l'eau murmurent de limpides émotions à ma peau désertée.
Les odeurs de bleu auréolent mes ressentis d'une vie aérienne.

Un, des sens

J'engage ma main dans la tienne et nos peaux se collent. Mes doigts palpitent et j'ai des papillons au creux des paumes.
J'embrasse pour toi la mère de l'horizon et mon regard se perd dans les boucles de sa chevelure. J'entends encore le souffle de ta voix à mon oreille. J'aspire à inspirer d'autres effluves le long d'un autre flanc.
Et le nez bouché, j'éternue aux merveilles que le vent ramène. Et l'échancrure de mon coeur s'ouvre sur le décolleté de ton souvenir.
Je cligne des yeux en balbutiements précoces des messages que mes regards tendront.
Et je sens la main du soleil qui frotte mon dos en un geste tendre et je tends des pièges au vent dans la petite longueur de mes cheveux.
Parsemée de concentrés de joies, ma peau de rousse fausse les pistes pour tracer du doigt posé sur elle les traits d'un point de joie à un autre. Toute ma peau est un festival de sens dits verts. J'engorge encore une boufffée de vie et je m'arnache pour glisser mes pas dans une marche.
Et j'arrache mes manches pour glisser jusque dans la bouche du soleil.

El viento

Assis, le vent ne tient pas. Pas même à prendre le temps de regarder, de flâner. Le vent glisse sa main dans mes cheveux, sous vos jupes et sur les blés, le tout dans un même mouvement taquin épris de vitesse et de liberté. Il gonfle les tissus, balaie les poussières. Mais pas mes soucis, pas mes sourcils, pas les roulis ni les sourires.

lundi 14 juin 2010

Le souffle court

J'ai bruité le temps jusqu'à ce qu'il respire. Son souffle court dans mon cou et j'ai la bouche pleine de beau. J'enfile le silence le long du chant des oiseaux.
Et je range les gestes d'amour dans les casiers démolis de mon coeur. Avec la peau et les o, j'échange des instants précieux aux joues rebondies de tendresse.
Et l'amour devient la ligne de vie de mon coeur tracée dans le creux de mon intimité.
Et les oiseaux s'égaient de ma joie.

mercredi 9 juin 2010

Les amples sentiments

Quand tu grandiras hors de ta propre ombre, tu languiras moins les rivages rudes, ossus de l'ouest. Tu tiendras au creux de tes bras le berceau de ton âme scellée par temps d'amour. Il n'y aura pas le nuage à tes regards mais des soleils tendres à tes sourires irisés.
Tu marcheras en te lâchant la main sans les équilibres. Les baisers du matin auront la tendresse aux lèvres juqu'aux commissures.
Et sûre de toi, tu rassembleras en brassées de lumière les aimés et ta grandeur découpera les amples sentiments jamais dévoilés.

M.

En robe de lumière, le jour se lève et nimbe. Nos esprits vacants flottent et nos habits survolent lentement les sentiments de désamplitude. Les os rongés par nos vides intérieurs multiplient les signaux.
Sur un fil, là , devant, je te vois avec tes doigts de dentelle qui veulent attraper le chat noir. Ta tête difforme ne sait pas sourire. Tu as des airs d'oisillon tombé du nid.
Une nappe de lin effilochée comme un brouillard recouvre ton corps.
Je souffle sur tes paupières.

mercredi 2 juin 2010

P.

J'ai râturé ta peau de mes ongles. elle reste griffonée à mon coeur. Je crains de rencontrer tes odeurs alors je marche à l'arrêt, les yeux cellés. Jusqu'au goût, tu m'enlèves.
Je n'ai plus qu'à m'initier à de nouvelles saveurs. Vive le café ! non, je ne dirais pas au lait, tu y mentirais encore. Plus fort je serre ton image entre mes mains mais rien ne l'écrase. Je veux détruire ta statue, ne plus croire en toi, ni en bien ni en mal.

La poussière des rayons

Le soleil...
Le soleil flâne...
Peut être qu'il rêve...
Il garde dans ses poches de vieux nuages tout gris et froissés. D'un pas traînant, un rayon noyé dans le gris, il piétine et souffle sans fin sur la poussière de ses rais. Il tourne sur lui-même pour attraper sa traîne, la jette par-dessus l'épaule et l'air mari avance finalement. Son indécision brumeuse, ses sourcils froncés derrière ses lunettes, sa chevelure flamboyante dessinent une aura louche.
Mais déjà la traîne tient chaud et les sons et les couleurs éclatent épars...

Cercler, heurter, déterrer

Cercler les lignes et qu'habite la vie tes ballots de pensées.
Heurter les bruits d'un front serein et que raisonne ton intériorité.
Déterrer le jour du fond de sa nuit.