vendredi 8 janvier 2021

Carrés sonores dans les tympans froissés

Maculé de blanc, le bleu moins vif, le ciel ne la ramène pas. L’éclat des jours d’hiver au froid sec est terni par l’absence de soleil. Trois cheminées échangent des signaux qui s’évaporent bien tôt. Le soleil voilé dessine un rectangle de blanc presque jaune scintillant sur la poisseuse façade que trois fenêtres échancrent. Quelques sons sifflés dessinent comme des carrés sonores dans mes tympans froissés. Et les sourdes voix franchissent les parois comme lorsque l’enfant s’endort contre le sein dans une fin de soirée animée. Je ne lis nul élu dans les lignes de la main. Mille harmonies amenuisent l’île du silence. Sentir au creux de soi comme le rongement d’un silence qui ne veut plus se taire. Terré dans l’abondance de remous et réflexions, il se faufile et s’enfile dans les couloirs de mon esprit. Je ne souhaite plus savoir où est la source. Elle se défile et me défie : comme le soleil dans cet éclat orange de ton œil.

jeudi 31 décembre 2020

MANDER LE FLOU

Deux mandent la vie comme un objet qui se partage et se reçoit. Dis à l’oreille comme à moi, les douceurs qu’elle te donne à déguster. Quelques roses perdues au sommet de branches glacées. L’arrière métallisé entre deux portes. Sous le nœud fixé au-dessus des hanches, se dandinent les jambes fines et gainées de soie. Le coude plié comme nid de mes souffrir. J’envoie dans mes pailletés orangés, tout le bon vif et chaleureux que recouvrent mes yeux. Je n’ouvre mes yeux que derrière le verre, le flou est mon ami. Au bombé du doigt répond celui de ta lèvre.

mardi 8 décembre 2020

Nuages proférés

La cheminée expectore d’éphémères nuées qui dessinent des boucles blanches sur le gris monocorde du ciel. Au travers de la fumée, un tapis expose ses ternités sur la grille d’un mince balcon. Je glisse un doigt à ta bouche pour retenir le mot que tu ne manquerais pas de prononcer sous la broussaille de ta moustache. Grise mine du jour débutant dans sa robe beige aux dentelles couleur brique. Je retiens ton sourire dans l’angle flou de mon œil. Il y éclaire une larme perdue nichée là en attente pérenne de tomber. Sous le bleu, mes lèvres esquissent la pointe d’un sourire à l’angle émondé. Blues de décembre descend l’ambre du jour dans le fond de l’âme. Désarticulée, la phrase vire en guenilles sur elle-même. L’œil dis-tu est vert mais kaki tu nies. Vers le hiatus, la virevoltude des choses pose un baiser. Vole et vire, croissant de son. Il est plus tard que ne le chuchotent les nuages proférés.

mardi 1 septembre 2020

Dans l'o du soleil

Dans l’o du soleil, il y a une patinoire de lumière : toute l’eau du ciel. Plisse le cil sur l’œil. Glisse si lisse l’âme de la larme. Range tes paupières sur hier et ouvre les tiroirs de tes yeux. Que les nuances dansent sur ta rétine.

mercredi 26 août 2020

La larme est ronce

Au ventre du ciel, je range des âmes pleurées. Il est des sons si lents qu’ils soufflent sans dire. A la lèvre des arbres, une dentelle noire sur nuage rose. Un soleil déjà clair pointe sa langue de jaune. Peur du frais qui glisse son cou dans le creux des rêves. Et mens si la paix dit « laid ». La larme est ronce aux yeux fermés.

Dire des coups

Il est venu le vent vif et vain Il a dit des coups Il a frappé des feuilles encore vives Il a tourbillonné Partie, je suis Dans une bourrasque de pois Rejoindre ce mois

vendredi 21 août 2020

Laiteux est le cygne

Loin du bleu le quatre dit deux. Il est rouge dit le navire blanc. Taisons les tessons de nos cœurs. J’ai posé ma pomme à ton jour. Eclat de nuit dans le son de ton rire. Morceau vibrant dans le ton blanc. Noyer de silence, je croque ta chair. Laiteux est le signe.