mercredi 11 décembre 2019

C'est non

Pas dit.
Pas prononcé, ni énoncé. C'est. Non.
Comme une peau, la fatigue recouvre mon corps, l'enveloppe, le protège.
Il pleut froid ce matin.
Toc et pacotille pour un échange de procédés.
Frissonnante je devine le froid derrière l'épaisseur de la vitre.


Il faudrait pouvoir se soulager du poids de la peine, de cette larme agaçante à l'œil droit qui n'a pas raison d'être.
Il faudrait enduire de lumière les jours à la faveur d'un sourire multiple et long.
Il faudrait que ces quatre heures ne soient pas ou alors remplies. Et qu'elles défilent petites soldates bien entraînées en un tour de main.

mercredi 13 novembre 2019

Il pleut sur Nan-cy

Il pleure du jaune sur les feuilles vertes.
Il goutte du gris du ciel.
Il goûte du gras du sale. Dreck macht speck.
Le sale devient du gras.
Un gras dit "tude".
Comme tu devrais...
L'incidiosité des choses... qui ne dit pas mais veut faire entendre: tu n'es pas, pas assez, trop, bref: tu n'es pas juste.
L'exactitude de l'être se confond dans l'âme avec le bien. Mais le bien n'est pas juste ni précis. Tout juste est-il peut être VIE. Sans thé ni sait.


Il pleut sur Nan-cy.

mercredi 23 octobre 2019

Je ne me souviens toutjours pas de son prénom


Souffler


Morsure du triste dans le cou. Le triste te tient et te promène d’une pièce à l’autre avant de te relâcher.
Les yeux encore bleu, le ciel encore gris : au bord de tout, il y a le devenir.
Plan blanc où mâcher le jour en gris.
Peindre nos cœurs en transparent et nos bouches en rires le temps d’un soleil.

vendredi 18 octobre 2019

Un vent doux

Un rayon de soleil découpe ma main sur le clavier. Le tissu grince contre le vernis du bois. Le vert n'est plus tendre mais le bleu est dur à force de tendre au gris. (Impression de feuilles traversées de lumière sur un ciel tendance pluie.)
Des éclats sur la pierre verte comme des éclaboussures. Le doigt replié qui cherche la lettre. Je collectionne ces instants le long du fil de la phrase.
Je respire.
Lentement encore. Profondément. En corps.

samedi 12 octobre 2019

Scarlatti et Loren: Chambre 212

Dès les premières notes, une intimité. La main rejoint la bouche et la cache. Dans ce geste hérité de la grand-mère maternelle. Pour cacher le tremblement. Des lèvres.
La sonate est jouée et rejouée. Plus tard seulement, le nom de l’auteur est prononcé. Scarlatti. Une émotion lointaine. Joie du souvenir. Et mélancolie de la mélodie connue.
C’étaient tes doigts sur le clavier. Je ne pensais pas que plus de vingt ans après le souvenir de toi reviendrait par l’ouïe.
Plus la tristesse ni la colère. Loren, je ne t’en veux plus. Reste ce motif que mon oreille connaît... encore....
Ce deuil est fait. Il est plus léger que d’autres.

jeudi 19 septembre 2019

Un an

Une année passée... une année qui comme un bas file... sous mes yeux... Je ne sens pas ses aspérités. J'aimerais la retenir, juste un peu, dans le pli de quelques souvenirs. Elle est creuse, si profondément creuse.
Qui dirait le temps passé. S'il n'est filé, le bas n'a rien qui le retient, qui le démarque.
L'année n'est pas blessée, rien ne la déchire ou la marque.
Je sens à ce soleil rasant que la douceur de l'air devait être la même il y a un an.
Ou presque...
Car il fait frais sous ce soleil mensonger.
Peut être alors aussi...
Et je me sens si vive de ce temps vécu. La vie est revenue.