lundi 25 juillet 2016

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Ecrire un tableau, d'après Face au Havre de Nicolas de Stael, 1952

Face au Havre, je vois cette sérénité que le bleu décline de part et d'autre de l'horizon. Un ciel bleu. Ciel. Sans nuage. Mais épais et, consistant et je revois à travers cette opacité la profondeur des ciels de Deauville, de Honfleur, du Havre..
Et dans les nervures de ce ciel presque blanc tant il est bleu, comme une signature en guise d'horizon. Des traits. Comme une ponctuation qui dit, qui parle, qui cause. Des traits de blanc, de bleu,, de jaune, des soupçons de noir comme pour faire miroir aux arrêtes des bâtiments du Havre.
En base sous ces bâtisses que des coups de pinceaux posent en statique, comme au jour de la création, l'horizon sépare les eaux du ciel. Les eaux grises et bleues toutes en longs traits tirés qui disent encore la profondeur et les vagues quasi inexistantes de cette mer.
Et face à la si infime signifiance des choses, je vibre comme l'immensité du ciel et de l'eau résonnent de part et d'autre de cette ligne découpée en nuances et contrastes.
Face au Havre, j'oublie qu'entre mer et ciel, à l'autre bout de ce pays, en diagonale, là où une autre mer est séparée d'un autre bleu de ciel, le long de cet horizon signifié, sur une promenade, on est, triste petitesse, 64 ans plus tard, mort.

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Totogramme

Tristes tropismes
T'as tes trucs tout tendus. T'es triste tout'l temps. Tires ta tristesse tondue toute timide. Trop tard. Tu tombse. Tes trucs ternes tendres tuent.

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Portrait d'un être connu

Quand je lis ses mots, je vois sa bouche bouger, remuer, articuler, sourire. Je la vois les dire et les entendre se bousculer en images tues et induites qui donnent du sens à l'émotion de ces phrases qu'elle aligne après les avoir transpirées de tous les pores de sa peau. Son regard se pose sur le regardeur dans une bonté coquine qui lui fait friser l'oeil. Le doute ne se lit pas sur la pâleur de ce visage fait d'ailes et de sensations où les yeux tels des hirondelles survolent le calme et la fraîcheur de son sourire qui a la largeur et la tendresse du baiser. Comme une liane, elle est femme-volupté et son corps lui dicte sa sensualité écrite.
"Ecrire, c'est douter."
"Détruire, dit-elle"
C'est Marguerite. C'est Duras, c'est ma mère d''écriture.

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Portrait cubiste

Deux listes de mots, l'une avec des noms et adjectifs descriptifs, l'autre avec des termes du domaine de l'édition: les mélanger dans un portrait cubiste

C'était un homme au visage belle page, les yeux doublons verts coiffaient son sourire ponctuation qui laissait deviner l'itatlique de son nez. La bouche ligne donnait à ses joues astérisques une rondeur coffre. Son regard majuscule portait les paupière en demi-vignettes. Son menton marbre mordait avec volonté dans sa barbe fleuron. Ses rides, parenthèses heureuses au coin des yeux, crochetaient son front. Et à son profil feuille je devinais le  masque de l'épreuve.

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Inventaire des visages ou personnes rencontrées la veille

- femme-tige, longue et élancée, croisée à l'atelier dont les bouclettes virevoltent,
- couple caucasien, elle avec une cicatrice dans le haut du dos et tous deux avec un joint à la main,
- visage bienveillant et métis du médecin qui s'interrogeait sur la personnalité de la petite Juju
- visage mangé par une imposante barbe grise à la caisse du spermarché,
- regard vif, eveillé, dans un visage bronzé et souriant,
- franc sourire d'Afrique sur ce visage aimant,
- point au creux de la bouche de Pascal, l'aimé parti

dimanche 24 juillet 2016

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: Couleurs

Au collège, à La Walck, nous, les filles, on comparait nos critères de beauté en matière de garçons. Ceux qui nous plaisaient, c'était les mêmes en général, avaient pour chevelure la blondeur des blés et pour regard un bleu perçant et clair, un bleu qui emmenait dans la lointaine terre bretonne où nous, petits alsaciens naifs et mal informés, voyions l'outremer délavé des regards des pêcheurs. Je dis nous mais je ne devrais pas. Mes critères n'étaient pas les leurs, non. Mon regard restait collé à la silhouette élancée et à la peau couleur pain d'épice de Sergio. Sergio Simao: le Portugal lui avait laissé un héritage qui me faisait rêvé et ses yeux, eux ,n'étaient pas bleux, non. Je me souviens de son regard chaud et fondant, un regard chocolat.
Mais le bleu des yeux d'Emmanuel et de Vincent remportait l'immensité des coeurs des filles. Si bien que Sergioe et son regard chocolat n'existaient que pour moi dans le secret de mes rêveries. Et je le retrouvais tous les soirs à l'ancienne gare désaffectée où il me cueillait des roses redevenues sauvages. Notre amourette avait démarré bien avant... à l'école primaire, lorsqu'à la fête scolaire, sachant que j'aimais lire, il m'offrit un livre de la bibliothèque... verte. Mais après tout, vert, bleu ou marron, on voit tout en rose avec les yeux d'une amoureuse!

Ateliers croisés du 23 juillet 2016: description d'une oeuvre d'art (frotté au crayon gras)

Symétrie des bulles

Quel univers, quel système plantaire où chaque globe est le jumeau de l'autre? Neuf, elles sont neuf planètes. Entamées, terminées ou à peine ébauchées, elles se font miroir, elles se font mémoire.  Et chaque trait qui les définit en les barrant ou les contournant est comme une droite lancée dans l'infini des regards.
Bulles de vie, de savon ou de BD? elles se suivent et se ressemblent et contiennent des mondes insoupçonnés où se bousculent pensées et créatures que le gris choisi met en lumière au creux de nos imaginaires.