mardi 24 juillet 2012

ZEF

Les feuillages alanguis arrondissent les angles de l'air tout autour. Par sol, j'entends le lien qui rayonne au-dedans du monde.
Je multiplie les rangées de pas et chaque cheveu qui passe essouffle nos sourires.
Il est trop tard pour que tu ne penses. J'abroge la loi de ton sourire. Qui riras-tu ?
Quand l'instant grandit tes yeuxx, j'ai des bémols dans la gorge. Exorcise le souffle et que ta jambe à la mienne murmure des frissons turbulents.
Dans la salle d'entente, j'écoute patiemment que tu viennes. Les goûts divulguent les silences mal appris. Elevées, les marches se succèdent ensembles.
Tu prends cette ronde poignée par le bras et tu étioles les soupirs pentus. J'avale les lettres lustrées. Illisible, je tampone mes larmes mollement.
Choir ou croire, triste saison de l'été "solitude".
Tu dis "Zef" et vole chaudement.

dimanche 22 juillet 2012

En infinitive

Soleil-citude des ambres quand tes bras tendent.
L'oubliure touche les doublures du temps. Par prestance, tu entends les distances entre les lueurs et leurs arpèges.
J'ai frotté à ma peau le rouge.
Bouge de ta langue et de tes verbes, la proposition est infinie.

Être serait ta main

Je plante mes dents dans le ciel et laisse fondre sur ma langue tes neiges.
Tes yeux lucides captent les errances de mon corps quand em-bal-é, il flotte à l'air comme une étoffe au vent.
Pas qui frôlent le ventre du monde, pourraient être les jets turbulents des fontaines dégorgées.
L'eau lisse sur la peau déviée de tes doigts, à pleine poignées je la retiens. Si le soleil se taisait aquand les cailloux du ciel devenaient opaques et sollidaires.
Si le vent butinait les peaux voisines.
Si le sel dit puis ment.
Si les nervures de nos corps dévoilés de leurs chères particulières s'agitent au bout de branches.
Si lents cieux.
Ta main me cueillerait dans le septième, mûre et toute en générosités. Être serait bien, être serait ta main.

mercredi 11 juillet 2012

Quarts des jours

Sinuosité des sens.
Globons nos mains et machons-nous le corps.
Dépétalons les regards, que l'air lisse déboutone les nuages de leur corsage gris.
Qu'un voile de bleu mélodise les silhouettes rigides des villes.
Le droit dédie son dos aux grands. JE n'emballe pas les cadenceuses. L'eau loge des quarts de jour.

vendredi 6 juillet 2012

Vases communicants avec Sabine Huynh : Pull vert sous les doigts


Sous les doigts, plus grand chose de toi, sinon le souvenir d’avoir tenu tes cheveux. Tenu, oui, caressé aussi, avant, mais tenu également, le jour où tu es tombée. Ta queue de cheval attrapée au vol, le reste de ton corps hors d’atteinte. Tes cheveux, de l’or sous les yeux, du crin sous les doigts, comme ta peau, ambrée, râpeuse. Tu es tombée, j’ai lâché tes cheveux, de peur de te faire mal. Le mal était déjà fait : ton corps à terre.


Nous ne nous sommes pas revus depuis. Je n’ai jamais répondu à ces mots que tu avais griffonnés au dos de la photographie. Tu t’en souviens ? Des carreaux, une vue baignée de soleil, une pelouse aux pieds d’un arbre fruitier. Tu disais : « Je ne vois plus que le vert, le reste est flou, mais le vert est là, celui de ton pull préféré, es-tu dedans aujourd’hui ? Je sens encore les mailles sous mes doigts, je les écarte pour toucher tes poils, ta peau. Tu me manques tant. »





Je ne sais pas si c’est toi qui as pris cette photo, si c’était ce que tu voyais de ton lit. Tout ce que je sais, c’est ma surprise, en la sortant de l’enveloppe. Elle était recouverte d’une fine couche de sable, les grains crissaient un peu sous les doigts. Mais la mer était si loin. Je n’ai pas compris et j’ai eu un peu peur. Puis j’ai lu et la tristesse est venue, la colère aussi.





Pour chasser les doutes sur lesquels je trébuchais assis, j’ai immédiatement ouvert le tiroir de mon bureau et j’y ai cherché des images à t’envoyer en retour, des clichés pour me rassurer moi-même. Mes doigts ont extirpé celui du robinet, le robinet entartré que nous voulions faire changer et pour cela, il nous avait fallu le prendre en photo, nous comptions apporter la photo au magasin. Mais tu es tombée.





J’ai cherché des fleurs, des images de notre jardin que tu chérissais, en oubliant que nous n’en avions pas, que tu n’aimais pas le prendre en photo, tu pensais qu’il était trop beau pour être capturé. Alors j’ai photographié ces pivoines à la hâte, le basilic, la fougère en pot, le bleu céleste, pour te dire que nous t’attendions. Je voulais t’écrire mais mon cœur ébranlé se refusait à répondre.





Je ne sais pas s’ils ont bien pris soin de toi là-bas, je ne suis jamais venu te voir. Je suis tombé moi aussi, peut-être parce que je n’ai jamais eu de pull vert. Saison après saison, suivre le cortège incertain des certitudes, des lieux et des êtres.






jeudi 5 juillet 2012

Doubler les bouchées

Recommencer l'embout de la devenance.
Poser un pied dans le ciel, l'autre sur nuage moelleux.
Et creuser la fleur verte.
Des devinances divinées et ma candeur quand l'heure ronge et j'arrange les bouchées de silence

Peaux nouées

L'odeur lascive du reflet dans le clair de la pierre émonde la silhouette du beau.
Pointus, les chaussons butinés par les pinceaux culbutent l'un après l'autre la poussière arrachée au chemin.
Le Rouge interdit inspiré à pleins poumons déplie en cercles devenus les enjambées joyeuses.
Sois du regard perdu dans l'îlot d'un décolleté.
Violence du chaud dans l'intrépide brume qui baigne la ruine d'un gratte-ciel désossé.
Je détache un à un le silence des grains de la peau fluette qu'on n'entend plus.
N'attend pas, ce qui m'échappe c'est toujours toi/
Livrer aux mots les aboutis qui buttent sur les touches tapies entre les pulpes des doigts. Nue la notion noue les peaux.

lundi 2 juillet 2012

Cases du devenir

Brulance limpide quand tes yeux lisent les couleurs. J'ouvre la bouche sur le vent qui dévale mon haleine. Échevelle le silence rompt les codes et elle dérange, la vie. Elles déplient les plis froissés qu'un air amené les instances du vécu, les cases du devenir.