mercredi 17 février 2010

Comme...

J'ai lissé mes pas, mes pieds ont honte, ils se dérobent.
Bientôt des sortes de bleu scarifieront mon regard de bronze.
Ôter le rouge des joues pour l'allonger et lui offrir l'eau d'un soleil couchant.
Frotter les nuages pour en détâcher le gris, qu'il parte avalé par de grands O.
Sentir sous nos pas des pavés et deviner en marchant où s'arrête la terre, où finit le ciel.
Des lignes se courbent et des droites se plient à l'horizon.

Et comme une corde qui sous le vent et les embruns tremble légèrement, qu'aérienne elle vibre et que les secours transparents se brisent, se cassent, tombent sur place: petits tas de translucide...

Et comme un son qui se décoquille et émerge, que cristallin il désable l'ouie trop fine pour l'avoir perçu et que les basses cèdent la place aux battements d'un coeur trop déserté...

Et comme une peau déglacée qui sous les grains recouvre sa douceur, que fluide elle s'élance sur une plastique élaguée et que chaude elle rougisse sous le toucher...

Et comme une chevelure qui dans la brume et les tourments du vent tournicotte, frise, se noue, qu'emmêlée elle se torde à tous les cas et que déclinée elle remercie les senteurs qui en elle viennent se nicher...

Et comme un oeil lancé sur la jetée qui cligne à la bruine qui l'nevie, qu'il se fixe un temps détourné et long et qu'il s'effronte à caresser les bords de langueur...

Et comme une ouverture qui dans le grain se déchire au flanc du ciel, qu'elle hurle sa verticalité aux mâts qui l'effleurent et qu'elle se fausse dans le fil du sens pour ouvrir des éclaircies...

Et comme un homme, un vrai, qui bouleverse ces dames, qu'il passe dans la rue derrière les pierres et qu'il étanche la soie de leur resenti...

Et comme un doigt puis deux se plient, se courbent, se soumettent, qu'ils saisissent le bien et qu'ils versent deux larmes dans le verre de mes angoisses...

mercredi 10 février 2010

Les épingles de tes yeux

Déplier les aiguilles...
... et les épingles de tes yeux.
Palpiter, papoter pâle encore...
... que frappe la langue le palais...

Coincé dans un pli du coeur, le bruit que fait ta voix quand elle glisse entre les draps des maux.
L'arracher des bras du souvenir et lui enlever son épaisse heure.

Il y a le froid et d'autres cris froissent les oreilles.

vendredi 5 février 2010

Dans le cadre des vases communicants... http://www.facebook.com/?ref=home#!/group.php?gid=104893605886&ref=ts


Dans la courbe du flou, il y a le creux de l'être... ta peau...
Dans le fond du rouge, il y a une forme... ta peau...
Dans l'ovale du visage, il y a le reflet d'un trouble... ta peau...
Dans l'ombre du regard, il y a les traits d'une femme... ta peau...
Rouge aux joues
diaphane est
... ta peau...
Ta peau tramée trace l'impatience des lointains.
Etre à toi c'est étirer des sons et soyeux et liquides et cristallins.
A l'hésitation du passant, ta sérénité pâle.
Lointaine est la patience tramée par les traces de ta peau.
Photo prise par Taous Ouali

mercredi 3 février 2010

Du bout du rythme

Lancer les artifices des l et perpétrer des silences onctueux.
Ouater les gestes, encotonner les regards, amortir les sons: être à l'heure.
Ailleurs, oublier les bruits et les voix et ce silence qui crie en moi un non si fort. Celui du ne plus pouvoir.
Mordre les angles encore et battre les doigts du bout du rythme.

lundi 1 février 2010

Gommer la neige

Décoller les lambeaux de gris en grandes langues. Gommer la neige et rendre à la verdeur son éclat dur.

Dérouler le bleu dans la verticale du ciel. Y poser la lumière des merles.
Et appeler le soleil, l'ausculter d'un pinceau vif et lui offrir la fraicheur d'un temps beau, presque premier.

Rendre la spatule et le couteau à l'évidence de l'hiver et de sa persistence.