vendredi 7 décembre 2012

Vases communicants de Décembre 2012: Eve de Laudec (1)

















Voulais atteindre le vaisseau d’en haut, cette tortue volante qui fonçait dans l’outre-mer, ailes fuselées tendues en arrière, enserrant dans ses puissantes mâchoires un poisson de lune qui ne pouvait ouïr. Elle pourchassait l’otarie d’acier grimée en nuage pour échapper à l’œil exercé du reptile.
Voulais tant savoir pourquoi elle engloutissait les vols au vent.

Alors me suis engagée dans l’océan pour m’approcher au plus près du ciel. Très vite le sable s’est dérobé sous mes pas. Ai atteint le dos du rouleau.
Marchant sur sa crête de coq-quillage, me suis entaillée les plantes de pied.
Pensais y glisser, comme dans une mousse affable, mais non ! N’étais même pas au sommet de la vague, qui me narguait dans un remous livide. Ses fines petites dents de squale, chatoyantes dans l’aigu, se sont plantées dans ma chair, mille aiguilles fouillant les ouvertures béantes par où s’engouffrèrent l’eau tourbillon.
Eu froid, très froid, l’ombre de la tortue allait bientôt me recouvrir. Elle arrivait sur moi. Mais ne le sus pas.
Devins écume.

Eve de Laudec, 13/11/2012

Vases communicants de Décembre 2012: Eve de Laudec (2)

















Les flamants dégorgent lilas au bord du lit dont les linges défaits se répandent en lac, las.

Eyasi

Là, tu étouffes, les lacis de jacinthes liées ont souillé ta lagune, mêlés à la laitance de tilapias lascifs. Et l’eau se perd, aux larmes d’un lamantin égaré, languissant, impuissant, tel le monstre d’une légende à conter.

Eyasi

Quand les limbes du jour descendent des sommets, à l’heure où le ciel en lave étend son lavis lie-de-vin et lèche à grands coups de langue limonite la savane lézardée, s’insinue comme un leurre dans l’ocre des volcans, enterre de sienne brûlée la fournaise, apaise le cinabre et flatte en vermillon, lorsque commencent à vibrer en amalgame les peaux retendues et la mélopée des crapauds buffle,

Alors tu te réveilles

Eyasi

Seuls les lampyres étoilés ou les yeux des léopards éclairent les lapillis rocheux, et loin, très loin, les lueurs du lodge.

Aux confins de l’ouest, les cloches glabres du lazaret lancent leur appel létal.

Les aigles ravisseurs attisent leurs ailes à l’aplomb du cratère pour disputer aux chacals ricanant, en longues lanières, les carcasses de colobe écervelé ou d’impala aventureux que le grand Rugissant a délaissées.

Eyasi

Alors, le crépuscule voile tes lésions et le marabout laisse enfin voyager tes rêves de lune rousse.


Eve de Laudec
14 novembre 2012

Vases communicants de décembre 2012: Eve de Laudec (3)























Entre l’autre et l’un


Entre deux, perceptible, irréelle existence,
Sépare en exigence, découpe sans mélange,
En infime passage dérobé sans férir,
Inconnu visuel, une strie messagère
Frontalier en fluide, en éther, ou ailleurs,
Là et loin une idée à peine formulée

Accrocheur de rayons parme ou passe-velours,
Les reflets déjoués d’un trait alizarine

Limite sans limite tournois tempétueux
D’échappées embuées traînes effilochées,
Cordonnet enserrant les cheveux des sirènes,
Passage de sabots de pégase enivré
Ride de Poséidon ou rire d’Ouranos,
Comme un ongle rayant la toile de l’artiste
S’y perdre s’y trouver et se prendre à rêver

D’horizon


Eve de Laudec
15 nov 2012


http://evedelaudec.fr/cooperations/les-vases-communicants/index.php

mardi 27 novembre 2012

Si dense cri

J'allerte le silence quand il glisse froid et droit le long des membres. Averti, tout ton corps est une lame que la souffrance aiguise. Je sais ce que la douleur te fait. Je la sens encore claquer dans mon oreille comme inassouvie de mes plaintes. Tu tais le mal. Pas un souffle ne perce, pas un son, muet, et pas de mots énonces.
La vie te fouette les flancs de toutes ses douleurs mal apprises. Je te vois courbe dans ta droiture de guingois et je me demande ou fuient les bijoux de sens que tu laissais parfois échapper aux courbures d'une phrase, dans l'écrin d'un rire au milieu du silence, ou ailleurs sur les rivages de nos écoutes.

Grisant

Chaque matin remettre à l'ecriture grise des morceaux de mots, des paroles éclatées et des instants de sens.
Je ne sens plus ta peau a ma joue depuis beaucoup de ciels gris.
Je niche des lettres sur des feuilles blanches ou je balbutie des phrases maladroites.
Je ne veux plus sentir que toi comme saveur à mon palais.

Sanglots gloutons

Troublance de temps accroche dans les mailles... Je fais passer le fil par-dessus et je sanglote gloutonne tous les chagrins d'avant.
Un pied vole, une main frappe et des yeux ou niche l'infinitude saignent de leur tristesse amère. Je ne veux pas sentir la courbe du temps s'efiler dans mon dos,.

dimanche 25 novembre 2012

Les aspérités inégales

Les feuilles s'écueillent dans les aspérités de l'air inégales. Elles chuchotent leur chute et dans un souffle épousent le dos des autres. Un sol moiré rouge et jaune susurre aux pas défroissés des cartes de territoires automnaux. Si la couleur du ciel et celle d'en bas suffisaient à délimiter un pays et sa langue, on aurait des gratte-ciel de France en Chine et des frontières fluctuantes qui pousseraient la Suède sur les genoux de l'Allemagne. On parlerait du pays des platanes qui s'arrêterait là où les boulots prennent le relais. Je sentirais alors cette menotte du passé à mon poignet comme la douce moelleuse et tiède d'une menotte dans la main, tendue et entrouverte.

A flanc, ton flanc

L'immense béance du temps à flanc de falaise flanche.
Des mégots usés frottent leurs restes de tabac sous les semelles friantes et la roche s'effrite, devient glabre d'angles et d'abruptitudes. Sous les pieds l'océan glisse.
Le dossier de pierre contre lequel tu courbes le torse est d'un sale blanc, d'un terne gris cassé.
Je romps la langue qui nous enlie.

La boucle du sens

Mes yeux diffus serpentent les parois d'ombres.
Etincelants, les ciels s'oublient et plient sous le joug des nuages.
J'ai mal de t'avoir mal. Je ne suis plus que défaite de sens et sans fil. Décousue. J'arrache la lisière du temps qu'il fait et je t'enroule dans ta grammaire béante.
Qu'importera le silence si fuyant le son des rayons qui baignent l'horizon d'orange s'accroupit et tremble.
Je sens déjà le gonflement de ta voix dans mon oreille. J'ai chaud et lie les mots au dos de mon mal vivre.
Je tire un peu sur le sens et défait le nœud lasse qui te tenait debout.

jeudi 1 novembre 2012

Vases communicants: Camille Philibert-Rossignol

Ballade pour Maryse Hache.

J'aurais pu remarquer les baies rouges et fleurs blêmes, profusions échevelées se déversant des arbres des jardins que je longe d'un pas alerte. Un jogger croisé ainsi que deux petits enfants trainés par leur grand-mère. Quand j'arrive au Parc revient brouillée la silhouette d'un homme qui fumait en descendant quelques marches, dégaine entraperçue à la résidence La Fontaine. Point de départ.

( fumait, lien http://www.les807.blogspot.fr/2012/05/floche.html)

Au Parc, se défaire fissa des murs qui m'entouraient, l'appartement aussi faux abri que faux ami. Au milieu de la verdure, une rivière revoit le jour. Il pourrait être amer, ce flux boueux, vaseux, stagnant en fine couche sur un long aplat de béton, eau sombre charriant quelques cailloux et s'insinuant entre vert et ocre, stries d'herbes courtes ou trainées argileuses. Bordant la rivière, une large pelouse aux brins verdoyants dont le parfum piquant se dilue dans la brise fraiche jusqu'à faire frémir mes narines. Elle s'élargit sur une vingtaine de mètres. De gras bosquets aux feuilles à éraflures la longent, ainsi que des saules pleureurs. Sont-ils aussi doux que leurs lianes le semblent, quand épaisses et aérées ou bien nues, elles se balancent dans la brise, s'inclinent précisément dans la lumière dorée, milles et un rubans oscillants sur le même lent tempo ?

( amer, lien http://www.les807.blogspot.fr/2012/09/amer.html, ruban lien http://www.les807.blogspot.fr/2012/07/ruban.html )


Vif, le vert d'herbe, il s'étend au delà du décrochage bétonné qui traverse tout l'espace en contre-bas. Sur toute sa longueur, un fin filet d'eau s'y traine, y flaque d'ici à au delà. Contigue, l'étendue herbeuse jusqu'à un promontoire où elle se plie en trois haute marches. Pour aboutir sur un grillage et derrière j'imagine un chemin qui y passe, puisque deux petits marcheurs et un chien minuscule avancent en ligne. Quelques peupliers grisâtres ceinturent le fin fond du Parc, dont je n'aperçois qu'une trouée, cernée que je suis par deux larges masses de saules. Aiguisées, leurs branches verticales me cachent autant l'entrée que la sortie vers le bassin de recyclage. Leurs troncs sont verticaux et sobres, tandis que les ramures se caractérisent par des traits chaotiques, longs hameçons tremblants dont les mouvements hypnotiques ne ramènent aucune prise. Pendant un instant un rayon solaire allège les futaies molles, un corbeau apparaît, aussi furtif qu'un dernier expire. Sur la jetée qui surplombe la rivière, un tag tracé à la peinture blanche : Dieu a un plan pour chacun, l'enflure.


Dans le pavillon de mon oreille gauche vrombit un ronronnement mécanique qui s'accentue, décroit, s'efface. Dans celui de la droite un pépiement aigu, sec, note suspendue dans l'air entre deux silence, un pépiement, répètition. Quand avec le vent vaguelettes de frottements, les feuilles résonnent de concert. Longue plainte grave d'une moto filant vers Fresnes. Les bruits flous des végétaux se déploient quand ceux des moteurs se dessinent nettement. Son froissé des graviers écrasés par les baskets des joggers, halètements secs du clebs à la balle rouge dans la gueule. Traversées par un souffle, les feuilles argentées des bouleaux crépitent, bien plus crissantes que celles des saules, quand derrière moi une mélodie criarde fait se décrocher un portable. - Ah oui, ah bon, dans le four répond une voix perchée. Plus tard, silence revenu, plus tard les futaies s'animent les unes après les autres avec délicatesse quand le grondement étouffé d'un avion écrase les autres sons.

Longeant les buissons taillés, les sapins bleutés, les mimosas encore fleuris et les flèches barrées, ma promenade se replie et mes épaules se recroquevillent. Point final. Quelques trouées de lumière cependant quand s'éloigne le zigzag d'un enfant après une un détour à la boulangerie.

( mimosas, lien http://www.les807.blogspot.fr/2012/01/mimosa.html)




http://dcccvii.blogspot.com/search/label/Camille%20Philibert

vendredi 5 octobre 2012

Vases Communicants: Robert-Henri Duru

Et soudain un sourire…
La nuit s’annonçait triste et morne. C'était une de ces nuits où tout comme les gens qui s'embrouillent, les idées endeuillées se bousculent sans s’excuser. Marc était entré par hasard dans ce bar de la rue Monsieur le Prince. Il commanda un demi et s’installa sur les ressorts épuisés d'une des banquettes de cuir en détresse. L’atmosphère enfumée semblait vouloir se joindre à l’image floue qu’il se faisait de son avenir: Sara l’avait quitté pour l'amour d'un destin qui n'était plus le sien…, alors son monde à lui avait basculé dans le vide du non-sens.
Oh certes, Sara était à peine plus qu'une amie d'enfance au visage d'ange orné de cheveux blonds et bouclés comme la toison d'or. C’était un être mis à part dans le journal naissant de sa vie. Una âme-sœur à qui il s’était toujours confié. Mais comme l'aurait fait un messie crucifié dans son berceau d'osier négligemment posé entre les renouées sacrifiés par une mère indigne…, et ce jusqu'à son adolescence.
Quand son corps coudrier commença à hésiter comme un pendule démesuré. Sa passion trop longtemps contenue par les nues et les récits d'Endersen, était retombée sur lui en pluie de diabolo menthe à la saveur salée. Liquide fraîchement bienveillant coulant par émotion sur les joues, qu’il trouvait un peu trop saumâtre à son goût. Son amourette, il l'aurait voulue connaître comme on savoure le baiser puéril d'une enfance renversée. Alors il ne pouvait se faire à l’idée que Sara allait se marier bientôt à un autre que lui qui l'avait toujours aimée en secret.
Marc porta le bord de son verre à ses lèvres, mais l’amertume de la bière s’insinua aussitôt jusque dans son cœur nostalgique: un cœur esseulé et timide de jeune homme trop romantique... Un cœur de poète plus blues que rocker... Dans l'intérieur duquel bouillonnait celui de Rimbaud. D'ailleurs, il était décidé comme lui à défendre des idées qu’il avait à peine vérifiées, mais qu'il concevait lors de rêves itératifs déclencheurs. Comme Arthur sillonnait les murailles de Mézières, il survolait virtuellement les ruines d'une enfance qui ne resterait qu'un projet bâclé, l'avant-propos d'une vie pas encore construite, dont déjà les pierres du bonheur lui paraissaient inéluctablement rongées par l'intérieur, comme dans un ventre froid. Pourtant rien ne destinait Marc à devenir contestataire. Tant s'en fallait! Mais il avait envie de chausser les mêmes semelles de vent que son idole de poète écrivain explorateur déjà d'un autre temps que le sien. Alors ce soir-là, il se créait des ailleurs, un autre monde, parallèle à celui présent, mais d’une autre dimension, et dans laquelle les rêves d’adolescents sont encore accessibles aux adultes.
Le destin d'une vie, correspond certainement à un ordre profondément susceptible, car à force d'en vouloir connaitre le sens ou la cause, l’on finit par être quelque peu paralysé psychologiquement et religieusement de la même manière, que l'univers pouvait l'être aussi avant l'évolution de la connaissance physique et l’application des mathématiques abstraites. Et donc, les pas hésitants de l’esprit humain cartésien, continuent de "buter" sur un mystère inexplicable, ou suffisamment abstrait qui échappe à toute analyse scientifique rationnelle sinon en apagogie. Mais qui sait ? Peut-être pas à Lucien, car, en d’autres termes plus généralistes, pour que l'amour généreux, celui de quelques-uns et de quelques-unes, de tous ces êtres qui sur Terre y croient encore, même si c’est de différentes manières…
Son regard vaguement contemplatif semblait maintenant s’extasier devant le contenu de son verre, comme s’il s'attendait à ce que le liquide jaunâtre et mousseux allât se muer en une coulée d’or transparent… Sa pensée délirait doucement au rythme des bulles échappées qu'il s'imaginait lave crevant la surface d'une mer prisonnière. Aux yeux du poète, c’était comme si rien ne pourrait contenir l’esprit fuyant du breuvage…, pas plus que le sien.
Marc aurait voulu s’enfuir lui aussi de cette façon, rejoindre l’éther pour y patauger à jamais, ou découvrir une autre planète. Ne plus rien ressentir que l’osmose d’une forêt peuplée d'essences animées et dansantes. Vivre l'ivresse éternelle parmi des muses qui seraient amoureuses des humains. Ou encore méditer sur une île au sable argenté, nu, comme un solitaire enchâssé. Ne rien entendre que le chant des baleines, et surtout pas cette musique de sauvages que diffusait le juke-box! ….Création dissonante d’un tumulte de sons destinés à être consommés par l’immodération d’une société dévoreuse de produits audio lamentablement périphrasés, et qui le renvoyaient à préférer son amertume bien à lui, celle d'un garçon trop romantique, dont la naïveté poétique ne pouvait que se désenchanter. Tiens ! Parlons-en de sa poésie ! Dissoute qu'elle était par l’individualisme contemporain ! Comme sûrement avalée par l'acide d'un reflux œsophagien... Non! Sa pensée à lui était cristalline, légère, comme la voix dans son oreille…, sibylline, imaginaire, et qui par-dessus le vacarme lui répétait inlassablement la chanson du phoque blanc:
- « dors, mon baby, la nuit est derrière-nous … ».
Mais dans l'histoire que vivait Marc, ‘Le livre de la jungle’ s’était refermé depuis longtemps, seuls les loups étaient entrés dans Paris! Et alors, comment pourrait-il à présent y rencontrer une tendre égérie?
Pourtant, celle qui comme lui souhaitait que le monde fût autrement plus serein que sa triste absurdité était bien vivante, réelle… Et derrière lui !
Jolie brunette de vingt fleurs, seule, attablée devant son café froid: Martine le regardait depuis un moment, et bien que Marc lui tournât le dos, elle voyait son image inversée dans le tain flétri à l’opaque d'un très vieux miroir. Par ce chiche ornement du mur opposé lui faisait face un portrait noyé du poète, représentation qui le renvoyait comme la vague concomitante s’active dans un océan de pensées moroses…
Et puis, la voix nostalgique de Marc qui s’était mis à fredonner lui parvint doucement:
- « Dors, mon baby, la nuit est derrière nous, et noires sont les eaux qui brillaient si vertes »...
- « c’est joli ! » Ces mots sur les lèvres mouillées de Martine avaient fusé spontanément !
Le jeune homme Surpris se retourna, et soudain… un joli sourire éclaira son beau visage…
Robert Henri D.


http://lespritdanslencrier.forumzen.com/t649-texte-propose-par-christine-leininger#5501

dimanche 26 août 2012

Callosités en braille

La mer court sous le vent qui soulève les vagues et les emporte frapper les arrêtes des rochers.  Je revois le verre du regard à contre-sens de l'eau et comme les marées soufflent sur le tanin de la peau. C'est comme si j'avais parcouru ce visage de mes mains. Triste lenteur que la fraîcheur avive... j'ai porté les raies de soleil à la verticale des grains de peau. Tu sens les rayures du beau sur le corps fourbu. La grisance du temps rejoint l'émeraude de l'eau et moi mes terres.
Bouillant de foudres mal crachées, j’équeute les pensées et devine les courbes.
Je ne tends la vie qu'à ta main serrée en poing pour contenir les larmes, ces poches amères de la mer.

Ma peau salée pimente le silence de soleils revêches où ta paume frotte sa corne unique, oui, j'aimerais survivre aux callosités de ta main qui tracerait en braille le récit de nous.

Espérer c'est trier

A la brillance rayonne le soleil finissant.
Taiseuses les vagues crapotent l'écume. Et le souffle assouplit le temps. Le soleil, tu dis, le zo-leil.
Et si les tendus se tordent. Les tons dus divaguent.
Espérer c'est trier les gouttes du temps, les grasses et graineuses et les fines et fileuses.

Epaisse candeur

Œil de lumière dans le gras gris du ciel. Les glissants crissent sous les verts diffus que scelle la nature.
Étrange transparence de la fraîcheur qui prend des jaunes sales et les enlumine d''une épaisse candeur.
Et j'attache au matin les grains fripés de peu.
Pluie de grandeur et l'ambiante heure sommeille.

mardi 21 août 2012

Beauté en touches

Sous la chaleur la peau pâle tremble. Comme secouée de vertiges pointus, la toupie du creux tourne effrénée. Le vent, l'absent, le vent t'est tu. Obstiné et rageur, le temps dégouline le long de nos corps. Imperceptible, il se glisse telle la volupté entre toi et moi.
Les grains tournés grisent les dunes ou cognent les transparences salées. J'aspire à rire dans l'éclosion d'un l'opus. Je tremble de tout et la joie goutte mesurée dans le fond des paumés. Des sources jaillissent dans le quand. Soif d'être à tout ça.  J'aglutine des lettres dans la voix et les motss bourdonnent veloutés sur l'assagie. Temple de silence ou cogne le temps. Trans-pirances des verbes advenue dans la puissance sablée.
Envie de beauté en touches.
Que les brumes alanguies dessinent des courbes de corp au paysage.
Que l'instant murmure et que le nous perdure.

mercredi 8 août 2012

Claquer la langue en marchant

Des grains de pierre semés sur la côte où percent çà et là des granits sombres et austères pour se jeter en transparence dans les criques.
Face à la mer, une baie baille son étonnement irrespirable.
Des lacunes vertes et bleues rangent les vagues en arrondis de dentelle fluide.
Plus fort que la pensée il y a le toi du monde.
Et burlesques les chairs panées s'habillent de sel. J'ai mal au manque.
Vertuelles, les lettres tranchent sur le blanc. Mis hier, le banc tangue sous mon ivresse.
L's et l'as, l'âme diluée de bruits, caracolent vertigineusement.
L'inter-dit rompt les lignes des phrases que des fumées muettes hocquettent dans le ciel.
J'en vironne mes sens assoupis d'essences capteuses des sans.
Je claque ma langue en marchant. L'r tu je dis "ére"

Au pied de la majuscule

J'abolis les silences et ta main froisse la buée sur la vitre. Pas de temps, pas de danse. Les mots ricochent et joyeuse, je vous sous-rise les lignes voluptueuses qu'un regard dévoile comme la roue derrière les yeux qui ne tourne plus droit.
J'accroche des étincelles à la jouissance des mots qui s'inter-calent entre ton vouloir et mon devenir. Là, j'appelle trop doucement pour que tu entendes, des fils.
Effilochée j'aspire à souffler tel un vent virulent blanc.
Nos doigts en pointes pincent l'air qui les sépare. Sa chaleur bouillone dans les plis de nos yeux creux.
Soie sur la sensible sybiline peau de nous. Encore un verre découle des bleux. Le ciel violent se berce de tendres "s", ceux des nuages sirupeux de blanc qui sillonent mousseux les parcours suivis.
Moite et plate, la peau n'a plus de direction.
L'objectif, dis-tu.
Et j'imagine le zoom de nos yeux plongeant et la forme filandreuse de nos mains se détachant.
J’additionne les lettres en phrases décousues et j'en place une au pied de la majuscule. Étendue.

jeudi 2 août 2012

Vases communicants avec Gilles BERTIN: Confusions


1

Il t’attend devant l’entrée de l’entreprise où vous avez rendez-vous. En marchant vers lui, sourire professionnel sur ton visage, tu te rends compte qu’il ne t’a pas reconnu.
« Bonjour, lui dis-tu d’un ton engageant, espérant que ta voix lui dira quelque chose.
– Bonjour Monsieur », te répond-il et, aussitôt, il se met à te parler… mais comme à quelqu’un d’autre !… quelqu’un avec qui il te confond.
Tu attends qu’il se rende compte de sa confusion lui-même, tu ne veux pas te le mettre à dos. Il tchatche et il tchatche et, tout en te parlant, jette des regards vers l’extrémité de la rue, guettant ton arrivée, alors que tu es là, devant lui.
In petto, tout doucettement, tu ris de la situation – un peu jaune, tout de même. Tu passes de l’autre côté, dans la tête de cet homme que tu connais très peu – c’est la deuxième fois que tu le rencontres. Un instant, tu es à sa place, tu te vois avec ses yeux. La situation à l’envers. Comment peut-il donc ne pas te reconnaître ?… Quand tu lui diras qui tu es vraiment, c’est lui qui va être gêné !
.
 2
.
La vendeuse est très différente de la fille de ta boulangerie habituelle, elle a de grands yeux bruns. Au moment de commander, tu ne sais pas quoi lui dire. Tu finis par trouver dans une étagère vide du fond de ton cerveau : tu veux un pain au raisin, oui… ou ce chausson. Première fois que tu passes par cette rue. Les portes cochères sont ouvertes sur des cours bosselées ; des vélos accoudés aux murs ; quelques bacs avec des arbustes penchés ; un homme téléphone, épaule contre le chambranle d’un porche ; une femme sort dans la rue portant une cage pour chat avec, glissé au fond contre la grille de la porte, un lapin les oreilles couchées ; tu devines les capuches vertes et jaunes des poubelles de tri à travers le feuillage d’une glycine couvrant une pergola au centre d’une cour, comme à Berlin ou à Bruxelles. Depuis des années, tu arrivais par une autre rue, tu traversais le marché, l’âme de ce quartier, odeurs de menthe, de mimosa, de fraises, de volaille grillée, à travers les diables chargés de caisses de carottes, de choux-fleurs, de salades. Ce matin, tu as fait autrement. Tu as pris cette longue rue en retrait du marché. Tout y est différent comme si tout, à nouveau, était possible.
.
 3
.
Tu frappes. Personne n’ouvre. Tu frappes à nouveau. Tu insistes ! La porte reste close. Pas de voix derrière qui te dise d’entrer. Tu appuies sur la poignée. Pousses. La serrure résiste.
Panique, ton cœur cogne trois ou quatre coups brutaux. Durant quelques secondes, tu ne sais plus où tu es.
Que se passe-t-il donc ?
Tu comprends : c’est ta porte ! Tu viens de toquer à la porte de ton propre bureau !
Personne ne t’a répondu… Évidemment puisque tu es dehors, dans le couloir. Cela n’a pas de sens de se dire à soi-même « Entrez » alors qu’on est dehors.
Puis tu te souviens de tes clefs. Elles sont dans ta poche. Tu avais mis la serrure en sortant. Tu ouvres et, quand tu te rassieds dans ton fauteuil, tout redevient normal. Tu reprends ton travail, à nouveau concentré sur ta tâche, comme tu sais le faire.
.
Gilles BERTIN

Mon texte chez Gilles BERTIN: http://www.lignesdevie.com/

mardi 24 juillet 2012

ZEF

Les feuillages alanguis arrondissent les angles de l'air tout autour. Par sol, j'entends le lien qui rayonne au-dedans du monde.
Je multiplie les rangées de pas et chaque cheveu qui passe essouffle nos sourires.
Il est trop tard pour que tu ne penses. J'abroge la loi de ton sourire. Qui riras-tu ?
Quand l'instant grandit tes yeuxx, j'ai des bémols dans la gorge. Exorcise le souffle et que ta jambe à la mienne murmure des frissons turbulents.
Dans la salle d'entente, j'écoute patiemment que tu viennes. Les goûts divulguent les silences mal appris. Elevées, les marches se succèdent ensembles.
Tu prends cette ronde poignée par le bras et tu étioles les soupirs pentus. J'avale les lettres lustrées. Illisible, je tampone mes larmes mollement.
Choir ou croire, triste saison de l'été "solitude".
Tu dis "Zef" et vole chaudement.

dimanche 22 juillet 2012

En infinitive

Soleil-citude des ambres quand tes bras tendent.
L'oubliure touche les doublures du temps. Par prestance, tu entends les distances entre les lueurs et leurs arpèges.
J'ai frotté à ma peau le rouge.
Bouge de ta langue et de tes verbes, la proposition est infinie.

Être serait ta main

Je plante mes dents dans le ciel et laisse fondre sur ma langue tes neiges.
Tes yeux lucides captent les errances de mon corps quand em-bal-é, il flotte à l'air comme une étoffe au vent.
Pas qui frôlent le ventre du monde, pourraient être les jets turbulents des fontaines dégorgées.
L'eau lisse sur la peau déviée de tes doigts, à pleine poignées je la retiens. Si le soleil se taisait aquand les cailloux du ciel devenaient opaques et sollidaires.
Si le vent butinait les peaux voisines.
Si le sel dit puis ment.
Si les nervures de nos corps dévoilés de leurs chères particulières s'agitent au bout de branches.
Si lents cieux.
Ta main me cueillerait dans le septième, mûre et toute en générosités. Être serait bien, être serait ta main.

mercredi 11 juillet 2012

Quarts des jours

Sinuosité des sens.
Globons nos mains et machons-nous le corps.
Dépétalons les regards, que l'air lisse déboutone les nuages de leur corsage gris.
Qu'un voile de bleu mélodise les silhouettes rigides des villes.
Le droit dédie son dos aux grands. JE n'emballe pas les cadenceuses. L'eau loge des quarts de jour.

vendredi 6 juillet 2012

Vases communicants avec Sabine Huynh : Pull vert sous les doigts


Sous les doigts, plus grand chose de toi, sinon le souvenir d’avoir tenu tes cheveux. Tenu, oui, caressé aussi, avant, mais tenu également, le jour où tu es tombée. Ta queue de cheval attrapée au vol, le reste de ton corps hors d’atteinte. Tes cheveux, de l’or sous les yeux, du crin sous les doigts, comme ta peau, ambrée, râpeuse. Tu es tombée, j’ai lâché tes cheveux, de peur de te faire mal. Le mal était déjà fait : ton corps à terre.


Nous ne nous sommes pas revus depuis. Je n’ai jamais répondu à ces mots que tu avais griffonnés au dos de la photographie. Tu t’en souviens ? Des carreaux, une vue baignée de soleil, une pelouse aux pieds d’un arbre fruitier. Tu disais : « Je ne vois plus que le vert, le reste est flou, mais le vert est là, celui de ton pull préféré, es-tu dedans aujourd’hui ? Je sens encore les mailles sous mes doigts, je les écarte pour toucher tes poils, ta peau. Tu me manques tant. »





Je ne sais pas si c’est toi qui as pris cette photo, si c’était ce que tu voyais de ton lit. Tout ce que je sais, c’est ma surprise, en la sortant de l’enveloppe. Elle était recouverte d’une fine couche de sable, les grains crissaient un peu sous les doigts. Mais la mer était si loin. Je n’ai pas compris et j’ai eu un peu peur. Puis j’ai lu et la tristesse est venue, la colère aussi.





Pour chasser les doutes sur lesquels je trébuchais assis, j’ai immédiatement ouvert le tiroir de mon bureau et j’y ai cherché des images à t’envoyer en retour, des clichés pour me rassurer moi-même. Mes doigts ont extirpé celui du robinet, le robinet entartré que nous voulions faire changer et pour cela, il nous avait fallu le prendre en photo, nous comptions apporter la photo au magasin. Mais tu es tombée.





J’ai cherché des fleurs, des images de notre jardin que tu chérissais, en oubliant que nous n’en avions pas, que tu n’aimais pas le prendre en photo, tu pensais qu’il était trop beau pour être capturé. Alors j’ai photographié ces pivoines à la hâte, le basilic, la fougère en pot, le bleu céleste, pour te dire que nous t’attendions. Je voulais t’écrire mais mon cœur ébranlé se refusait à répondre.





Je ne sais pas s’ils ont bien pris soin de toi là-bas, je ne suis jamais venu te voir. Je suis tombé moi aussi, peut-être parce que je n’ai jamais eu de pull vert. Saison après saison, suivre le cortège incertain des certitudes, des lieux et des êtres.






jeudi 5 juillet 2012

Doubler les bouchées

Recommencer l'embout de la devenance.
Poser un pied dans le ciel, l'autre sur nuage moelleux.
Et creuser la fleur verte.
Des devinances divinées et ma candeur quand l'heure ronge et j'arrange les bouchées de silence

Peaux nouées

L'odeur lascive du reflet dans le clair de la pierre émonde la silhouette du beau.
Pointus, les chaussons butinés par les pinceaux culbutent l'un après l'autre la poussière arrachée au chemin.
Le Rouge interdit inspiré à pleins poumons déplie en cercles devenus les enjambées joyeuses.
Sois du regard perdu dans l'îlot d'un décolleté.
Violence du chaud dans l'intrépide brume qui baigne la ruine d'un gratte-ciel désossé.
Je détache un à un le silence des grains de la peau fluette qu'on n'entend plus.
N'attend pas, ce qui m'échappe c'est toujours toi/
Livrer aux mots les aboutis qui buttent sur les touches tapies entre les pulpes des doigts. Nue la notion noue les peaux.

lundi 2 juillet 2012

Cases du devenir

Brulance limpide quand tes yeux lisent les couleurs. J'ouvre la bouche sur le vent qui dévale mon haleine. Échevelle le silence rompt les codes et elle dérange, la vie. Elles déplient les plis froissés qu'un air amené les instances du vécu, les cases du devenir.

dimanche 3 juin 2012

Danielle Masson dans le cadre des Vases Communicants - Juin 2012

Dans le cadre des VASES COMMUNICANTS de juin 2012

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...


L’aventure du mois de juin 2012, est http://rendezvousdesvases.blogspot.fr/2012_05_01_archive.html ou http://www.scoop.it/t/les-vases-communicants.


Et moi, j’ose poser mon texte ici, après être déjà passé par là en janvier dernier.
Merci de l’accueil réservé et de la petite place accordée ICI !!!


Une vie, Des changements…


Le bleu ardoise des toits
Les rails de la gare de triage
Le grillage entre les deux jardins
Les rangs de haricots verts
D’un boulevard à une rue

Le rose d’une layette
L’arrivée d’une sœur non désirée
La grande aventure vers un lycée
La marche les marches le bus les mathématiques
Le baccalauréat pour un envol

Le vert du fleuve indomptable
Le traitement de l’information
Des livres des rencontres une rencontre
Un choix à faire un choix choisi
Une naissance un double prénom

Le blanc d’une salle des machines
La lumière verte des écrans
Les cartes aux confettis grège
Des bandes qui tournent sans fin
Cinq ans d’une vie à abandonner

Le blond des cuirs des canapés
Changement d’orientation professionnelle
Des chiffres des chiffres encore de petits et grands chiffres
Une ouverture après un vol en coucou
Sept ans pour tourner une page

Le vert hachuré d’un logo pour une aventure humaine
Des hommes des fils à tirer
Que des hommes des fils à raccorder
Guadeloupe Guyane Puy-de-Dôme Eure et autres
Sept ans avant un retour vers le fleuve

Le rouge des coquelicots et les bleuets
La flore méditerranéenne sous la douceur angevine
Des bonshommes bleus dans un cercle
Un château ses biches son affiche déclic
Sept ans avant le grand saut

Le gris d’une basilique altière
Le bleu d’une mer sans y tremper les pieds
Le fond d’un gouffre malgré les oliviers et les lavandes
Le bris d’une vie rêvée sur une pierre
Des étoiles dans des yeux verts sur un banc

Le noir des mêmes yeux quand ils s’interrogent
Le noir le rouge le bleu le jaune des paysages
Des voici voilà des éclats de rire devenus fous
Des silences des frayeurs des espoirs
2041 jours déjà aujourd’hui jour des vases communicants de juin 2012.


© 2012 - 32 Octobre

jeudi 31 mai 2012

Chuchoter le vent

Ces vastes champs où la seule culture est sauvage.
Les arbres qui se chuchotent le vent et toujours se défaire du regard de l'autre.

La vie en bandoulière

Les longues herbes que le vent chuchote s'emmêlent aux jambes infinies. Un mince sourire froisse le silence.
En bandoulière, la vie cogne la hanche.
Quelques champs d'oiseaux où ils poussent en bec et plumes.
L'emmêlitude des choses soulève un voile de fraîcheur que deux boutons de gilet tiennent à la taille.
La silhouette tracée boude et bouge comme une marée les vagues d'émotions.
Tant et temps, tu me diras, dans l'ovale du visage. Je battrai mon cœur en  plein pour que tu l'entendes au loin.
Tu tries les sons et j'y enfile des pépiements, des mélodies.
Un poids sur le coffre, l'air chuinte et ment.
Je trouble les regards comme l'eau sur les rivages. Le sentir est lourd, l'"envie" se maintient. Des frissons balbutient des sensations. Bleues.

Frotter le vent

Dans la venture du temps s'ouvre la moiteur d'un ciel prêt à éclater en averse chaude et pénible. Rigide.
En soi il n'est pas laid, il sonne, il glisse mais en alignement le long des i.
Âpre silence où des voix sonnent creuses comme en écho à des vécus perdus sous la hauteur du ciel.
Aigrie. L' a défait l'ordre donné par le d. Même douleur, même souffrance.
Des émotions par tonnes s'étonnent de laisser de la place au gris présent. Des paquets de ressentis bruissent les uns contre les autres quand le vent les frotte à du vécu.

Besoin de tôt

Sur les yeux, un film d'eau lave la rétine.
Le contour de ton regard est estompé.
L'iris tendue divague au vent et jaune elle caresse l'air.
Jeune oeil d'une pomme dans ta main, les nerfs tourneboulés, tirés, écrasés claquent sur les ressentis et tout bruie.
Il est où le tant de toi.
Je me faufile entre les secondes et et engourdie dans mon épaisse peau je crachote des frissons ombrés de temps grisâtres où rien ne bouscule l'attirance du devenir.
Comme des lambeaux de moi se soulèvent sur mon âme où l'arbre grandit laisse les racines étreindre le sol.
J'ai besoin de temps, j'ai besoin de tôt.

dimanche 20 mai 2012

L'orange constant

À flotter au vent du dire, la voix vit, roule. Il est des devenances arrangées de sots silences. L'avancee de l'aventure diluvienne range les mondes diffus ou les regards se fixent et vibrent d'être bientôt. Frimousse fripée par le sommeil des années, j'entends redire le bruit des claques quand rose la joue brille à la pluie. La phrase entame et riante sublime les vapeurs des mots. J'eteinds le bleu dans un orange constant brûlant les habits flétris des mots. Piètre instant de la brillance dans l'alanguie. L'eau dilue et coule discontinue et rageuse. Je sens le ciel au point du doigt qui trace le sens. Plantée dans la structure doit rendre risible l'errance perdue.

La lenteur de tes yeux

Toutes les vies des lettres s'abandonnent à la lascivité du jour quand le soir dément et la rancœur raidit le cœur des voyelles. Je n'oublie pas la lenteur de tes yeux sur les courbes assassines de certaines consonnes. Il souffle à l'oreille les mots du printemps. La diversité enclume le niveau des longues. Le froid boit à ma peau les griffures du temps. Difficilement vertes, les feuilles ballotent au vent. Pas de roues ni de ronds, les perspectives des cubes dorment à l'infini. Je n'oublie pas la langue diffuse qui claquait comme dans un palais sur les dalles imaginaires. Les yeux bandes de larmes, j'ancre mon être à l'averse qui s'abat sur mes joues. Frigorifiée, la main nie, gît.

Les lèvres salées des rivages

Paupières tirées, baissées, pendues, les yeux se heurtent à la souffrance de ton corps lacéré de pensées assassines. J'agrippe d'une main les branches de la parole ou se posent les mots émus et élevés. Sous la mer. Des graines de sable plantées dans " l'un dit" germent en étoiles de bulles sous le souffle d'un couteau. Je sens ton soupir dans ma nuque, il n'est nul abri pour plier ces corps si longs qui raides. Les lèvres salées des rivages donnent un goût amer aux baisers des paysages. Nul ne plie et le poids du doigt retremble dans la pression à terre réelle. Nulle manigance et le corps si rond n'entre pas dans les cases qui occupent toute la lenteur de l'horizon. Immobilier je vois ce vendre creux. Pas de cellules nouées dans une devenance, juste un trop plein de liens éparpillés en forme de silences crayeux. Il est et je ne sais être. Je sens ce début de corps m'emploie l'âme d'une larme sanguine. J'oublie ton veux. Mais la branche de vie qui s'accrochait a moi. Perte et violence dans l'accoutumance de ce corps déshumanise et perclus de douleurs rondes et multiples qui s'empilent sous la peau dans le dos du temps. J'ai perdu ton enfance et toi la vie. Je murmure plurielle en attendant que la souffrance du temps se dénude.

Jeter leur tendresse

Manipulée la bulle arc-en-ciel emporte les reflets dans les baisers du vent. Les enflant drapés battent la colère du ciel. Et dans la paume, le galet lisse distribue du bon temps. Les vagues éclatées sur la grève jettent leur tendresse sur le sable blanc. Devenir éperdument soi dans le regard en courant d'air. Disputer les mots les plus doux pour les agrandir en petits mots d'où. Parler des langues de papier de regards. Échanger du sens dans la deambulance de nos savoirs êtres. J'embrasse quand le bras serré tu parles. Dimension distendue et rongée de blancs rosissants. Les mots révolus détendent leurs lignes quand se balance dans la gorge du ciel la note qui tremble de vrai.

Du dehors

Heure ronde et dodue à l'echancrure délicate. Il est ne des temps. Et du dehors le soleil mange le vent.

Le devenir du ciel

Dominance de bleu chaud dans la largeur du soleil et le devenir du ciel.

vendredi 4 mai 2012

Vases communicants avec Éric Dubois

Dans l'éclat du geste
dans son écart

Dans le fantôme de nos mouvements
là où glisse la nuit

Dans la répétition des jours
là où la comédie se joue

Il y a la preuve que nous existons
que nous faisons la part belle à l'inédit

Sur nos jambes pèse un poids de silence

L'écriture est une veillée d'armes


Avril 2012


ERIC DUBOIS


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Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) , « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009), « Ce que dit un naufrage »(2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net, « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues. Textes inédits dans les anthologies Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude ( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti ( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti (L'Harmattan, 2011), Les 807, saison 2 ( Publie.net, 2012), Dans le ventre des femmes ( Bsc Publishing, 2012) ... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ». http://ericdubois.net http://ericdubois.info http://le-capital-des-mots.fr




Vous trouverez sur le blog de Eric Dubois

un texte de Christine Leininger dans le cadre des Vases Communicants de Mai 2012 .
Plus d'infos sur les Vases communicants :

La listes des blogs participant aux Vases Communicants de Mai 2012

http://rendezvousdesvases.blogs

mercredi 2 mai 2012

Dans les grands bras

Ébouriffons l'herisson, le frisson court sur toutes les peaux comme s'il le faisait pour la première fois. Et sa durée malmene l'or de ton regard aussi doré que le miel dont le souvenir dans ma bouche réveille toute devenance. Le beau temps vient vert et toi tu cours dans les grands bras.

Coques

Les herbes longues et hautes flottent lentement dedans le vent et des vagues courent sur les champs. Les coquelicots tout effarouchés tremblent de tendresse et cachent leurs silhouettes derrière des pétales souples

Rejoindre l'eau

Quand deux étoiles se croisent, est-ce qu'elles brillent plus fort de se serrer dans les bras? Les bras du temps consolent les minutes passées trop vite. Goutte à goutte l'eau rejoindre le silence

vendredi 6 avril 2012

Vase-communication avec L Sarah Dubas - lsarahdubas.over-blog.com


Et après les heures il y aura les minutes et après les minutes il y aura les secondes et c’est ton cœur qui marquera le temps


Quand le creux des ombres se détache
se pose sur tes joues dans le ghetto à peau bleue
délicat éclair silencieux comme une hache
déroule l’agonie des grâces des fleurs et des voeux

Eclats de rire où larme en nocturne
ta figure mouvante grave sans un geste
la barque des lost flowers tombe dans l’urne
d’une langue hommes ciels nous déleste

A la neige sorte de nausée la beauté
everything is les cigognes et l'odeur des feuilles mortes
ton regard soudain recouvert du passé
tandis que le vent questionne l’insondable des portes

Ce que tes yeux ont vu le long des nuits
la ville peut vaciller traverser ta candeur
marchent les os nus sous la pluie
ta main sur ce vieil homme qui pleure

Attendre que se taisent les armes
Who l am
Dans nos vaines larmes
Dire le nom

Dessous tes genoux
flottait entre la vie et la mort
le vide
du jour et de la nuit
du jour et de la nuit
de l’aurore

l’ébranlement à la vue des lettres du nom chéri
ton cœur bat dans une attente vaine
Chamane
à revivre ainsi chaque jour l’instant où l’on sait
que plus jamais on ne touchera le soleil
la chambre avec les morts à la fenêtre
agitent leurs grelots c’est déjà quelque chose
les morts avec leur corps de mort ça existe
tu peux les toucher
et l’immense peur de succomber
marchait sur la pointe des pieds

le désespoir contenait un printemps sans entrailles
les arbres étaient si fatigués

les nuages ont des insomnies à répétition
dans tes yeux
personne ne reviendra seul le nom

Plus de vin plus de roses
Plus de vin plus de roses
Plus de vin plus de roses

Je ne connais pas le nom du pays où je dois aller
la langue je la connais

ce qui se serait abîmé en substance
nous rêvons au scalpel nous tombons vivants
licornes des mer étoiles toutes ces têtes flottantes 

au cri du souvenir voyage
tu nages dans la mémoire vive des plaies
orifices sombres
et cet humus encombré te tient de passé
une existence de coquelicots
à tenter d’infléchir le discours des choses

D’une placidité admirable tu me dis

Il faut encore et toujours garder la beauté de notre vivant pour après ne point en manquer


 

mercredi 4 avril 2012

L Sarah Dubas... Bientôt ...

Pour les Vases communicants d'avril, j'echangerai avec L Sarah Dubas...

dimanche 25 mars 2012

Entendre ta profondeur

D'un doigt sec je trace la silhouette du vent devant. Derrière, ton visage comme en bocal. La chaleur des joues embrase les regards de rouge. Tu déjoues les sourires de ton mystère et j'entends ta profondeur monter vers moi. Je tremble de nous.

Tracer le soir

Deux se tiennent par la main. Deux qui ? un couple ? d'enfants ? Plaisance de ce ve que deux bras dessinent. Les bruits coulissent comme des couleurs dans les strates du ciel. C'est le mouvement qui trace le soir.

Taquin

Taquin, le temps s'arrête sur l'heure. La cloche sonne avec rigueur et vigoureux est le son qui dément le silence.

Profondeur nuiteuse

Echappée du vent, je veux. Et je creuse de voeux la lisse miroitance où ton reflet plonge éperduement. Il est néfaste le bruit du temps qui court. J'illumine une à une les étoiles mortes dans la profondeur nuiteuse du ciel. Les yeux embués, je sens le crayon frémir sur le papier quand tu graves tes initiales de tes ongles dans mon poignet.

Eclats mélodieux

La ritournelle lance des éclats dans les oreilles des éclats mélodieux qui brillent à qui mieux mieux. La terre plie et crie, craquelle de froid. Je lance un caillou et je rends le temps insolent dans l'espace d'un instant où à cloche-pied je claque des chiffres sur le bitume. Les pieds se rejoignent au ciel où battent des mains.

Déshabiller la bouche du sourire

Fatiguée la tête e courbe et se baisse, plus vide que le regard qu'une âme remue. Je tends la main vers toi et te guette. Tu regrettes les lendemains et j'attache ton sourire à mes lèvres qui déshabille ta bouche en la quittant.

Déambuler

Du lin froissé..., du tissu fin, comme de la lingerie, se plisse dans les courbes de la peau. Prête à te voir, je déambule. Du noir sur ma profonde vue plonge mes regards. Je sens battre ton sang sans rien autour que ce coeur qui l'enferme. Et le bois par petites gorgées devient forêt.

Et le coeur avec

Ni froides, ni chaudes, elles sont moites et maladroites et glissent contre ma peau. Deux mains comme deux petites chipies se serrent et le coeur avec. Je murmure du vent dans ton oreille chatouilleuse et le rire qui jaillit de toi ne m'étonne pas.

Coller l'haleine

La pluie fait des étincelles sonores. Le soleil en coeur touche les bords de sa bulle. La buée sur la vitre où tu as collé ton haleine dessine en creux le brouillard d'un instant. Un doigt, puis deux et je reconnais deux yeux et l'esquisse d'un sourire. La paroie froide n'invente pas la chaleur. De temps en temps, des mots se regroupent et se frottent aux faux-sens.

Coudre l'instant

J'ai tiré sur l'horizon comme sur un élastique. La ligne s'est déformée en aiguille dont le chat s'ouvrirait sur le rond soleil qu'un long fil de lumière suivrait pour coudre l'instant dans la doublure du temps.
Je range les conditionnels dans la vanité du tant qui n'a prise.

Froncer le temps

A chaque mot, un caillou qui cogne la surface lisse de l'eau si plate. Et ricoche en autant de syllabes.
J'ai baissé le store de la jalaousie à l'ombre entêtante.
Je fronce le temps en plissés froissés.

samedi 24 mars 2012

Les bras du soir

Les coquelicots dans les champs ont le goût des cerises et tu tournes sur toi-même comme une toupie déboussolée. Les fleurs délicates déplient leurs larges jupes rouges au sommet des tiges. Et la tu sais, c'est l'été. Mais tu l'oublies dans les bras du soir ou le soleil couche son affection.

S'endormir

La nuit s'est endormie par le silence. Le temps passe si vite qu'il est trop tard pour y penser. L'horizon se balance. Le médaillon de soleil trouble la vue. Le plancher grince sous les pas. Je ne t'oublie pas.

Nuit à contre-jour

Les cailloux divisent le ciel par deux. À cloche-pied, je fais claquer le sol. J'attrape ta main par le poignet. La nuit défile à contre-jour sur nos paupières. Nos pauvres hiers jouent à la marelle avec des cailloux blancs.

Le bruit du soleil

Le bruit du soleil claque dans le ventre du ciel. Au crayon bleu, je dessine des triangles. Il est plus tard que tu ne penses

Par trois

Quand le jour touche à la fatigue du soir, la nuit monte. Et la lune pâlit. Son reflet dans l'eau tremble de froid. Toutes les bonnes choses vont par trois.

Rire des yeux

Le coucher du soleil est long et plat. Du bout des doigts, je berce le souvenir. Les bons silences sont en coton blanc comme les nuages. Je ferme la bouche et ris des yeux

vendredi 2 mars 2012

Vase-communication: François Bonneau



Pas tout à fait éveillé, non, mais à peu près assez pour en garder une séquence diffuse ; il était devenu lui-même une foreuse autonome.

Pas vraiment comme dans l’eau, mais sans aucune résistance dans cette mare brune et compacte, il parcourait les strates, dessous. Sans nostalgie pour le sol, sans parcours logique, il explorait les profondeurs terriennes, se demandait pourquoi ici du blanc, de l’ocre, du rouge… Cercueil vivant et mouvant au travers du sous-sol, il se demanda si existait vraiment un noyau en fusion, quelque part, bien plus bas, de l’autre côté des surépaisseurs. Aucun bruit, bien sûr, taupe muette et sans repère, juste à la recherche de nuances inédite, il continua longtemps, pas vraiment éveillé.

Vase communication chez François Bonneau:  irregulier.blogspot.com

lundi 6 février 2012

Vert tout la, tout près

Carrés de bois subissent le vent chafouin qui percute les branches et leurs feuilles dans les peupliers. Je n'avale plus d'eau tout juste. Des lampées d'air me rafraichissent le regard. Il a tort d'être devenir. Cernés de valises grises et bleues, les yeux disent vert tout la, tout près. Et c'est l'urgence de soi qui déverse des bouchées. Au sourcil de ton œil doit mûrir le printemps tendu comme un enfant. Les rosaces multiplient l'errance des rayons glacieux d'un soleil franc et vif. Je tire les élastiques qui claquent contre nos doigts. La journée, l'espace d'un pas, est en sous-pente. Châles et voiles et traînés et soies, tout dans cet imbroglio-la, sent la pêche et neige. Ou irons-nous sur nos jambes raccourcies? Peut être pars d'ici. Au clocher de ma Tine tinte et bulle des combles ou les tourterelles mentent aux tourtereaux. Désaimante du passé quand il est manqué. Trier de toi, j'aspire l'indulgence des brassées fleuries. La lenteur, la langue, tout est long et hardi.

vendredi 3 février 2012

Les vases communicants: Justine Neubach


Elle a repris ses bras de sel et de lumière

L'homme que l'on voit assis là-bas, au fond du bus le front contre la vitre, a la peau sèche et désertée. Il laisse une empreinte anonyme dans la buée d'hiver – la marque de sa tempe –, on dirait qu'il s'ennuie de quelqu'un ou de quelque lieu. Ensuite quand il se lève, son pas pèse comme celui d'un mastodonte ; il va descendre sur le trottoir avec ses airs de vieux massif.
Il sort, suivi d'une traînée de poids morts.

Pourtant cet homme, le même, il a grandi dans une immense larme, souffle coupé, corps souple, il y a longtemps – l'été dernier. Cet homme est un danseur. Il a passé ses mains dans les sables du fond, s'est choisi un poisson préféré qu'il a suivi tout un après-midi, il ne ressortait plus de l'eau cet homme, c'était comme une algue nouvelle. Il y avait en lui une part amoureuse du bleu lourd de la mer, une émotion baignée dans un lit de caresses. Tout ce qui l'entourait le nourrissait. Il grandissait sans fin. Rien ne pouvait l'atteindre.

Puis les jours ont raccourci, il a fallu rentrer, retrouver sa Lorraine qui est d'une autre poésie, qui n'embrasse pas, sa Lorraine.

La mer s'est retirée. Elle a lâché le corps aimé. On a tout éteint dans le sud : les soleils et les scintillements. Finie la fête, fini l'amour, le rêve est mis en veille il n'y a plus de côte ni d'écumes, plus le chant des coquillages tristes. L'homme a gardé l'image d'une grande dame bleue courant à perdre haleine loin du train immobile. Elle a laissé des traces de sel sur ses paumes désormais froides. Elle a chanté à son oreille comme aujourd'hui à sa mémoire ; elle frappait les rochers pour lui lever le cœur, elle berçait les bateaux, elle aspirait les goélands. Elle a fui, ensuite, sans raison. Ne reparaîtra pas de sitôt – c'était une amante passagère ou peut-être une vision d'amante.

Il n'y a plus de mer.

Il fait moins quinze degrés, le bus lâche un bruit important grumelé de saleté sonore. Et l'homme s'éloigne.
Il quitte le narrateur comme la mer, plus tôt, l'avait déjà abandonné.



Retrouvez-moi chez Justine... http://justineneubach.fr/

mercredi 1 février 2012

Tous les sois

Tout le tant recroquevillé dans deux mains s'aide de ses sons. Les mots boitillent dans les larges rangées de lumière. Je ferme les yeux pour me cacher de ton souvenir. Le cœur essoré cogne en quinconce. J'étais ton tout et m'en repents. Bordant l'eau, tous les sois salivent des pieds nus. Des griffes lacèrent les hayons du couchant. De lents beaux se croisent et superposent. De langu'heur en longue heure, les sens condensés titubent.

lundi 30 janvier 2012

Nb

Le vent plissé les sourires et la surface de l'eau. Prends ma main. Les pieds tracent des arabesques et des symboles que les nuages dévorent des yeux. Dans les flaques le tempo rejoint le rythme cadencé des flots. Bras dessus dessous, les nuées réunies en cercle et en ciel. Le soleil fait du noir et blanc. Et garde-la.

jeudi 26 janvier 2012

Désaxer l'eau

Dense vert danse vers les étendues pliées par la houle. Elle est partie la devenance. Si je viens un jour à manquer, il sera le temps de l'océan. Grand, debout face à toi, il dressera des murs d'eau ou je chuterai comme une chevelure. La partance est devenue limpide. Et l'appartenance de nos vies mutuelles desaxe l'eau de l'horizon.

samedi 21 janvier 2012

Majeures

Les enluminures des tuiles sous les fumées brillent grisées sur la barre de l'horizon ou tu profiles ton corps en abondance. Le pleutre pleur devient rosée dans les yeux du ciel qui bâillonnes de tristesse quittent leurs joies à la profondeur et au devenir. Innondee de toi, l'envie lâche ses cheveux sur la fadeur des cieux et ta main qui les empoigne rompt la courbe du silence.

mercredi 18 janvier 2012

Tendus de crépuscules

Quand la lune, la bouche pleine de brume, a repris ses quartiers, la nuit mordait déjà les jambes perchées. La bouche bordée de nuit, mettre le zéro en main et déglutir des avents, puis les lèvres saupoudrées de vanille d'étoiles, pointer un baiser sur la pomme interdite. Glissée dans les draps bleux, la longue damnée brune braise les regards tendus de crépuscules.

dimanche 15 janvier 2012

Gravures d'enfants

La largeur du ciel encadre la lune fauve de silences interdits. Rugissant de sommeil, le soleil éclate des joies sèches et froides. Graver sur tes lèvres les fleurs roses enfantent des rires. Je n'ose pas tendre les lendemains équivoques sur la corde du temps. Il y a des ciels qui voyagent dans tes yeux. La tendresse titube hésitante.

lundi 9 janvier 2012

Lit, bras, vous

Libre avoue et brille au bout du couloir collant en voile envolé. Sur la soie de ta peau se dessine la chair la plus tendre et ronde d'un bras menu, d'une cheville gracile, d'un bout de toi.
Étoilés fermement les devenir des issues pâlissent.
J'applaudis le clapotis du vent mâché fou. L'air siffle et souffle et rafle les baisers gercés de vagues marins. Lueur esseulée diffuse bleue le soir troublant.
Lacune révulsée révolue les versets adversaires vers hier. Les angles gris aux traits fins abolissent le chemin de ta main.
Il suffit d'une plume et le bas frotte.
Des transparences brunes luisent en bleu. Douce heure croisée mêlée à ta chère.

dimanche 8 janvier 2012

Triste échange

Bruissance des fripées et leurs longues jupes fanées froissent le nuancier du ciel. Dorlotées les coul-heurs grisent les verts, empourprent les roses diaphanes et violent les serments blancs. Bleutée, la devenante ramasse ses jupons embrumés. Les nuages grésillent des nuits au cœur des après-midis. Le froid pour le doux, triste échange.

jeudi 5 janvier 2012

Dans le cadre des vases communicants de janvier 2012

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

L’aventure du mois de janvier 2012, est ici ou ici ou encore ici.


Et moi, j’ose poser mon texte ici. Merci de l’accueil réservé et de la petite place accordée ICI !!!

Ici, Chromos, l’olivier.

Journal
Pour ne pas oublier
Juste pour raconter
Juste pour partager
Juste pour vous dire


Journal
Témoin des jours et de jours


Le jardin a changé depuis un certain jour d’octobre 2006. Il a existé avant et continuera encore longtemps, je l’espère.

Une phrase du philosophe Alain pour éclairer le tout
Et clore cet avant-propos
Lancera la promenade au milieu des oliviers, héros de ce court récit.


« Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l'ont pas cherchée. »


Les oliviers… cela vous laisse froid.
Vous avez tort.
Cela peut réchauffer quand un morceau brûle dans la cheminée, même si cela a fait mal de le couper ce morceau.

Mais c’est de l’olivier bien vivant dont je souhaiterai vous entretenir…
Non… cela ne vous intéresse toujours pas… vous ne savez pas ce que vous allez perdre…

Bon, je sais, je ne suis ni Pagnol, ni Giono, ni… juste moi pour vous parler de mes oliviers.

Je suis incollable ou enfin presque… car j’essaie de leur consacrer du temps. Ils me le rendent si bien, ici dans mon jardin ou ailleurs dans les oliveraies alentours.

Commençons par un peu d'histoire.

Quand ? Depuis au moins 50 ans avant le grand gel de 1956 et déjà depuis 55 ans après cette terrible date.

Mais écoutons le porte-parole des 132 oliviers de mon jardin. Non, je ne me suis pas
trompée. J’ai même fait un plan… car on me demandait toujours « et combien d’oliviers ? Et combien de kilos d’olives récoltés ? Misère, aucun rapport entre l’un et l’autre car l’oliveraie est remise petit à petit en exploitation. Et il n’a été compté qu’un olivier par emplacement car parfois ils sont deux, cinq ou même jusqu'’à onze à partir de la même souche….

Je me tais et laisse la parole à Chronos, chargé du temps nous parler de tout cela.

« Un jour, de l’hiver 1956, il a fait très froid. Moi, le rejeton d’aujourd’hui, ai perdu mon pied-mère… et j’ai dû lutter pour survivre.

Elle m’a appelé Chronos, la première fois qu’elle m’a vu. Je suis près de la porte d’entrée, ai du mal à avoir l’œil sur tous mes frères mais dès qu’elle est arrivée ici, celle qui retranscrit mes dires, elle est tombée amoureuse de moi et a commencé à me bichonner.

Il y a dix ans, je n’avais pas aussi fier allure. Mais aujourd’hui, j’essaie de lui rendre ses bienfaits. Dix kilos d’olives à moi tout seul… je sais, je devrais pouvoir faire mieux mais il faut que je surveille les autres et que je lui susurre des conseils à l’oreille pour que nous redevenions forts et beaux comme il y a déjà plus de cent ans.

Surtout, quand elle revient de sa promenade à l’oliveraie de la Caillouthèque, où là-bas, je ne vous raconte pas, ils sont M A G N I F I Q U E S. Mais eux, dès le lendemain du gel, le propriétaire de la parcelle a été aux petits soins avec eux. Que nous, nous avons été abandonnés pendant plus de vingt ans. Alors… on ne s’en tire pas trop mal… pour certains parce que d’autres, ils se laissent vivre… il va falloir remettre de l’ordre à cela.

J’essaie de lui apprendre tout de nous mais pas facile ; il y a tant à savoir. Pourtant elle est bonne élève.

J’ai commencé par un abécédaire. Simple, vraiment simple. Cinq mots pas un de plus. Il faut un début à tout et il y a tant à apprendre.

Cinq mots seulement
Cinq mots en tout
Cinq mots pour nous définir
Cinq mots qui tournent en rond, font la farandole, s’égosillent et se chamaillent
Cinq mots à calligraphier pour les mettre en valeur.

Cinq mots comme les cinq symboles que nous les oliviers nous évoquerons à jamais pour vous, les humains : l’éternité (nous restons verts, immortels), la paix (par nos rameaux), la force (par notre bois très compact, lourd et dur), la sagesse et la lumière.

J’espère que vous suivez toujours.
L’abécédaire de l’olivier, cinq mots jaillissent, s’imposent pour nous définir : olivier, grignon, fumier, taille et huile.

Mais cinq mots en vrac ou par ordre alphabétique
Ou cinq mots en respectant l’ordre que la pensée a imposé
Ou cinq mots classés par la logique de la vie de ‘l’olivier ?

Choix très difficile
Mais
Olivier s’imposera comme le premier
Et les autres suivront, dans l’ordre qu’il leur plaira.


OLIVIER
Comme le rameau de la paix trop souvent bafouée,
Comme le Mont du même nom où peut-être, même certainement jamais elle ne pourra fouler le sol malgré son souhait qui remonte si loin
Comme mon pied, majestueux ou chétif, que le second nourrira.







FUMIER
Chargé à coups de fourche matinaux dans une remorque qui monte le chemin dits des
oliviers vers une pension de chevaux. Merci à eux.
Une petite anecdote : Le tas a beaucoup diminué ce matin. Un énorme camion vert est venu le délester. Il n’y a pas qu’elle qui sait que c’est le moment de l’enfouir. Deux petites remorques plus tard, mission accomplie pour le bonheur de moi-même et mes congénères.


En route vers la taille…



TAILLE, à taille d’homme ou de géant
Comme taille pour laisser passer la colombe sans faire bruire les branches.
Comme taille et les ampoules dans les mains à force de manier le sécateur.
L’année prochaine, ne pas oublier de lui rappeler d’aller emprunter le sécateur
électrique. Heureusement vigne et olivier ne se taillent pas à la même saison.
Mais avant cela, la taille des gourmands.

Il faut que je l’encourage : « Taille les gourmands, courbe le dos, fléchis les genoux et n’oublie pas de nous parler ».


Article peut-être trop long pour l’abécédaire. Ici, ce n’est pas un article d’encyclopédie juste des mots dans lequel il faudra peut-être tailler à la serpe.


Passons à la suite. Huile ou grignon, grignon ou huile.
Lequel est le premier, comme de la poule et de l’œuf.
Arrêtons de divaguer avec les mots.
Vous êtes un tout, l’olive à la Toussaint. Vous êtes triturée et devenez deux.

Et qu’est-ce que j’entends « Moi, moi, je suis le plus noble »


HUILE.
Comme héros !
N’importe quoi lui répond vertement le grignon, couleur chocolat parfois.



GRIGNON.
Je suis là avant toi, par ordre alphabétique… évidemment dans le dictionnaire
Pas comme dans cet abécédaire de pacotille.
Seul, le fumier me précédera dans ce choix de cinq mots. Beurk ! comme il sent mauvais.
Oh ! le grignon ! sans moi, tu n’aurais jamais existé. Je ne suis pas si rebut que cela. Je suis celui qui permettra à l’objet de cet abécédaire de grandir, de se fortifier.
Et n’oublie pas, tu finis mélanger à moi. Je te supporte.


Je vais les laisser à leur dispute…

Il fait froid. Le mistral souffle, mes mille branches s’agitent.
Je crois que je vais sommeiller un peu, jusqu'’à la prochaine taille, courant février. »

©2012 - 32 Octobre