samedi 14 janvier 2017

Jeu d'écriture 1

Je l'entends quelques heures après avoir vu le jour ou plutôt la nuit. Il chante dans la lumière débordante. Il siffle et en cette saison il entonne un refrain aux faux airs de vacances. Je respire son chant et ce précurseur de la chaleur.  On dirait le sud et on dirait le beau. Mais c'est encore le printemps, le nord-est et l'imprononce.

Elle est délicate, elle caresse les contours des êtres et des choses. Nimbe de mauve les silhouettes debout ou cabossées des décors et des personnes si fréquentables dans l'éclat du jour même le plus gris. Un mauve qui flirte. Avec le gris et le bleu, avec le jour et la nuit. Oui l'inverse, ou l'un verse dans l'autre son trop plein de consistance.

Fermer les yeux. Respirer l'odeur chaude du pain frais. Poser son inspiration sur un silence de l'âme. Pleine conscience.

Muette. Émue. Aux larmes.
Je tiens cet appareil dans la main droite et me vois étouffée de ce trop-plein de joie. Les yeux c'est l'émotion qui dégouline, qui déborde. J'entends les mots. Puis je les écoute seulement et c'est à l'insu de moi que je les comprends. Je ris et je pleure. Je sais maintenant ce qu'est pleurer de joie.

Devant moi il y a toi qui, funambule imparfaite, flirte avec la précarité. Tu vas tomber toujours et ne tombe jamais. Et tourne un regard par-dessus l'épaule. Suivie que tu es par ce chaton jamais adulte, comme toi. Aussi noir que la nuit qui te donne vie, l'animal m'appelle et son miaulement ressemble à "miaou-man". Je vous suis sur ce fil tendu dans le vide, tendu entre deux tiens, où je vous rattraperais presque dans ma lourde inconsistance.

Ce qui frappe là- bas, comme un doigt contre une porte, c'est le bruit de l'eau. Elle coule dans les oreilles depuis presque partout, comme pour rafraîchir la température estivale à venir. Et l'entendre dans le demi-sommeil du petit matin c'est une évidence qui dit "tu es là, ici, aux portes de l'ahlambra et de la sierra nevada".

Bêtifier. Manger. Mettre bas.
Ait silence
Il est simple et blafard. Les yeux en amande y sont découpés pour laisser voir sans donner à voir. Deux trous pour le nez, pour respirer le temps qui pousse à deviner qui tu es. Pas de bouche. Car il fait silence quand ce qui montre est nu de sens et d'émotion. Le cœur tiré n'est plus dit. Tout est blanc. Tout est vide. Tout est tu.

L'écume glisse sur le sable une mousse improbable. À travers l'eu qui se retire, des coquilles vides et creuses que ta main retient. La marée descend et je monte la butte. Ce n'est jamais un adieu. Comme toi, je reviens sans cesse sur cette plage blanche.

Il est grand, il est lourd. J'ai beau y avoir beaucoup d'espace, j'y vis recroquevillée. Il est trop rond, trop imposant et de dedans toutes les émotions s'y étalent livrant leurs ressentis moites et dégoulinants, écrasant ce petit cœur qui dort et me contient.

Elle a un air bizarre. Comme ébréchée mais par un fait exprès. Elle est vert d'eau salé et fendillée sur le côté, elle est en désaccord avec elle-même. Alors elle ne contient rien et ne vaut que pour signifier en souvenir ce temps qui me déchirait quand mes mains l'ont formée.

Le sourire qu'elle laisse poindre quand malgré elle elle dit "hop la "

Pleurer. Grandir. Dérisoire.

Un stylo qui m'a été offert pour l'écriture et qui ne bave plus rien.

La fabrique à nuages productrice de rêves.

Ce qui n'est pas donné est perdu
Ce que tu gardes est foutu.
Toutes les bonnes choses vont par trois.
On est toujours plus intelligent après.

À quelle saison êtes-vous ne(e)?
Quelle est votre lumière préférée ?
Trois actions de plénitude ?
Un très beau moment de votre vie?
Lieu où vous vous retrouvez souvent en rêve?
Lieu que vous aimeriez faire découvrir à quelqu'un ?
Trois verbes qui pourraient convenir à un animal?
Un masque qu'il vous plairait de porter?
Quel paysage vous enchante ?
Un endroit où vous n'aimeriez pas être ?
Un objet auquel vous êtes attachée?
Une chose que vous trouvez adorable?
Trois qui vous semblent ridicules ?
Un objet inutile que vous gardez quand même?
Une invention, une machine qui n'existe pas dont vous apprécieriez l'existence ?
Quelques proverbes qui vous viennent?

vendredi 6 janvier 2017

Toile de fond de mes nuits

À chaque mot poussé vers le devant, il y a un cortège de sens, de mots déjà dits, usés pour décrire ce ressenti.
Dans mes rêves occultes il y a des navettes, des vaisseaux qui glissent sur une sorte d'autoroute de l'espace, l'autoroute du beau, oxymore qui seul sait la douleur de ce rythme si cadencé qui répartit sur cette bande automatique les véhicules nous contenant. Des corps, des luges aérodynamiques, des longs bus fuselés ? Ces navettes nous contiennent et nous séparent tout en nous gardant unis dans cette mélodie sans son où une voix robotisée dicte le rythme et la vitesse. Et cette monocorde ordonarite des choses nous déshumanise et nous paupérise. Reste la survie dans une ville qui n'en est plus une.
Je pose là sur la table mon indispensable nécessaire de vie: un livre entamé, une revue survolée, un mouchoir, de quoi écrire et de quoi entendre l'humain et le vivant. Ces outils ordinaires de la vie qui rendent vivable le quotidien.
Il y manque le passé et l'avenir.
Je ne suis que présent et quand ces fuselages défilent devant mes yeux intérieurs je ne vois que grisaille, uniformité et comment cette technicité nous ruine de nos couleurs, de notre créativité. Comme pour rendre de l'âme à ces automates boiteux de mes rêves, j'ai mis la voix grave et obscure du chanteur de The National en fond sonore.
Et derrière la dématérialisation des choses se joue la lutte pour l'âme.