vendredi 6 janvier 2017

Toile de fond de mes nuits

À chaque mot poussé vers le devant, il y a un cortège de sens, de mots déjà dits, usés pour décrire ce ressenti.
Dans mes rêves occultes il y a des navettes, des vaisseaux qui glissent sur une sorte d'autoroute de l'espace, l'autoroute du beau, oxymore qui seul sait la douleur de ce rythme si cadencé qui répartit sur cette bande automatique les véhicules nous contenant. Des corps, des luges aérodynamiques, des longs bus fuselés ? Ces navettes nous contiennent et nous séparent tout en nous gardant unis dans cette mélodie sans son où une voix robotisée dicte le rythme et la vitesse. Et cette monocorde ordonarite des choses nous déshumanise et nous paupérise. Reste la survie dans une ville qui n'en est plus une.
Je pose là sur la table mon indispensable nécessaire de vie: un livre entamé, une revue survolée, un mouchoir, de quoi écrire et de quoi entendre l'humain et le vivant. Ces outils ordinaires de la vie qui rendent vivable le quotidien.
Il y manque le passé et l'avenir.
Je ne suis que présent et quand ces fuselages défilent devant mes yeux intérieurs je ne vois que grisaille, uniformité et comment cette technicité nous ruine de nos couleurs, de notre créativité. Comme pour rendre de l'âme à ces automates boiteux de mes rêves, j'ai mis la voix grave et obscure du chanteur de The National en fond sonore.
Et derrière la dématérialisation des choses se joue la lutte pour l'âme.

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