mercredi 14 octobre 2009

Les songes d'enfant
























Dans le creux des mains, tu as pris un nuage bien joufflu, tu as déchiré des bouts et les as éparpillés au-dessus en pluie.
Allongé, le coucher de soleil s'est empourpré un peu transformant en tâches gris violacé ces cotons vaporeux. Le froid avait beau les retenir, ici ou là filait un trait sombre, à l'horizontal des gris. Pas d'eau, pas d'n.
A l'heure où le pigeon passe pour la colombe, tu regardes les légaux passer pour les e-légos des papiers multipliés en 8 par l'infini d'un tamis. Tapis, couché. Blême, le soleil gît. Des post-its de lumière rhabillent l'espace à la verticale de la nuit.
Quand l'alarme jaillit au coin de l'oeil, elle est orange électrique. Ton nuage émietté ne peut plus essuyer. Il faudrait l'éponge d'un vent pour gorger les bruits de tonnerre et regonfler de blanc les cumulus tremblants et décharnés.
Le jus d'orage court rejoindre sa brique derrière les plis des arbres, au pied des mini-jupes. Pas bien hautes, le visage frippé, elles lèvent leurgs grands yeux fiers et vert profond dans l'air goûlu de la nuit. Vieilles, elles frisent l'ennui quand le ciel engourdi jette une lune offusquée au bosquet des jours. Détournant l'attention de l'agonie des couleurs, elle lance ses ultimatums aux aiguilles du sel.
Pas question de quitter la voie lactée, les brindilles qui dépassent se croisent et se décroisent.
Il est minuit aux jambes des jours, le temps passe trop vite allongé près d'L. Il est compté pour tant. Impossible de tricher.
A la fraiche, les déchets se trient et se secouent avant d'aller baigner leurs gris dans les fruits des ruisseaux. Tu prends ton sceau et t'appelles. Fa-cil, do-cil, ta voix porte quand tu bats des paupières. La nuit, tous les fards sont gris.
La nuit, tous les phares sont cris. Je suspendrai des droits aux cordes à lynche. Tu les feras sécher. Pour chasser par la flotte. Piètrement songe.

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