Articles

Il n'y a pas

  Il n’y a pas de chemin clair sur le coteau, juste toi qui marches de travers et le soleil qui dévide sa clarté dans l’air. Les oiseaux enfoncent leurs têtes dans les nuages et les verront disparaître. Il fait chaud et jour tôt. A deux doigts de revenir, je sais qu’il fait grand vent sur ton dimanche. Et je colle des bouquets au creux des vides. Le dernier bateau sait qu’il est important de ne pas s’arrêter. Tes mains suspendues à la fenêtre un instant font une ombre de cœur. Les lampes et moi sommes éteintes

Comme une vague

Je suis sortie de mon phare, les yeux humides, grisée et ébouriffée par le vent et avide de briser le cercle qui menait mes pas toujours en rond. Je cherchais à pousser sa porte depuis longtemps. Mes pauvres bras encombrés de mots sous lesquels se cachaient mes maux ne suffisaient pas à pousser cette lourde porte de fer rouge. J’ai cherché des biais pour en sortir. Des fenêtres, des clés, de l’énergie. Parfois je croyais y parvenir. Mais elle retombait sur ses gongs. De toutes ces tentatives, je n’en retiens finalement qu’une, celle qui m’a fait sortir pour de bon. J’ai rempli un dossier de demande de cofinancement de formation. Rien de bien marin… Un acte très administratif qui m’en a coûté beaucoup. Difficile de mettre en mots studieux et froids tous ces soupçons d’envies, ces débuts de révolution… Entourée de bienveillance, chauffée par le soleil de tant d’affection, j’ai tourné la clé dans la porte du phare : j’ai rédigé et déposé le dossier. J’ai pris ce bateau que je voyais de lo...

Pendre aux c les cédilles

Pendre aux c les cédilles, c’est donner du sens aux cas désespérés. Tendre ses filles vers le ciel, c’est tirer des larmes au réveil. Il n’est pas plus belle larme que celle tombée pour l’enfance. Habiller de robes les forêts de jambes, c’est couvrir de feuillage les troncs. Nul n’est aussi zen que le zef qui n’a plus la toux ni d’atout. Perdre son tant, c’est gagner son peu. Nul ne bouge la langue sans y bousculer ses sens. Sept sont les sentences qui vont par le feu. Partir c’est fouiller un peu.

Autoportrait

Chaotique, c’est Thétik Chaos, c’est l’os à ronger Qu’a eau, c l’ose arrangé KO, c rose allongé. S-pérante S-Thétik Sinueuse et sirupante, elle ne vise que le sens du Bien Solide et soluble, elle ne frôle que le sens du Bon Surmenée et suspicieuse, elle n’évite que le sens du Beau Hypo Thétik L’eau la lie et la longe Plausible elle fut cible Abstraite elle abrase les faits Syn Thétik Sainte artificielle Teinte d’art t’y ficelle Feinte mare y ridelle Pro Thétik Professe le son pour sens Produit le sens pour son Promène le son pour sang Mer Thétik Mère sans joies Mère cent peines Amère s’en va, s’en vient

Le tu se sait

Puissance du dire quand le tu se sait. Tu crois être su. Mais le tu dans le silence sait, il contient tous les non-dits, tous les loups de sens. Tapi dans les bois, tu veilles aux crocs et aux pas. Lourd de toi-même, tu te plains, plein que tu es de ces silences remplis. Plié sur toi-même, tu redis le dit du tu.

Dévoile-toi

Des voiles ah me sonnent, de leurs cliquetis et cordages, de leurs claquements venteux. Des voiles me harponnent du silence particulier qui espace les bruits de leur vibrance à l’air. Des voiles soufflent sur la présence de ma peau des souvenirs de matière légère. Des voiles plissent des boucles endiablées en couronnes reliées de fleurs et de tempérament. Des voiles passent, à l’horizon, lointaines, lointain. Des voiles jouent de leur rouge terreux passé avec la brise devant la grève blanche. Des voiles… toi…

Que pleure le temps

Glisser du vent entre les mots. Pour que coulissent les phrases. Enchanter les silences entre les sons. Pour qu’ils ravissent les cœurs. Prononcer des rires entre le gris. Pour qu’ils soulignent les contours. Colérer entre les yeux Pour que pleure le temps.