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Je fonce mon nuage sur ma tête

Je fonce mon nuage sur ma tête, et je file un bon lin vers l’abri bu. Tu me filatures d’un murmure à l’autre. Le silence ceintré te gorge de videsse sonore. Dans mon perméable vert, dont je remonte le col de cygne, je me vraifile sur une banquette qui embroche déjà une mauvaise sœur. Dans le rétro-écouteur, ton souffle arrive, à bout. Le slalom riquiqui entamé par l’engin est achevé à cheval sur une rang-barde. Une marionnette de policier avale son sifflet quand entonne l’orage son la auriculaire. Les passagers du tout sortent en file de la carcasse : et ça barde dans les rangs. Un éclair saveur vanille déchire le ciel et des gouttes montent des nuages portés par des cheveux encore secs. Engoncé dans ton rôle, tu chuchotes aux gens d’Arles des post-jugés sur ma pomme acide. Ils me croquent sur un coin de feuille. Dévorée de rage, je romps la cadence des files en rouge pot. Lavée de toute sincérité, je m’émeus et plie en quatre vents mes remords. Je déboutone mon pardessous et l’élève ...

Lune Je me souviens

Je me souviens, je suis encore jeune, une petite trentaine fêlée quelques jours avant le grand départ. Je pars assez content de moi, fier de faire partie de l’aventure. J’ai oublié les ultimes journées sur terre : elles sont consacrées à nous préparer, menteusement et physiquement. A peine s’il me revient des images d’entraînement verbeux et d’exercices en pois de senteur. Je sais que le départ va être fulgurant et que c’est sans doute au moment du lancer de la fusée que nous serons le plus en danger. Je suis comme détaché. A part mes parents, je n’ai pas d’attache ici-bas qui me retienne. Le célibat me va. Je me réveille longtemps après le décollage. A croire que cette fusion qui décide de l’envol est muette pour moi. J’ouvre les yeux sur mes collègues qui, déjà ou encore réveillés, planent autour de moi. Je défais ma ceinture qui me colle contre ma couche. Ce flottement qui s’empare de moi est grisant et crissant de miettes de plaisir. J’oublie la terre et ses attractions. A nous la...

Trois fois dit

Silence embué dans le regard flouté et brumeux. L’île aux silos si lents… lance aux cieux des si Je ne gêne ni ne nie les jours gi. Il y a des instances dans l’épais du ciel qui tracent les t des moments élus. Lue, je t’élis électeur et cogne les l des titres tendus par les nuages. De la buée silencieuse envahit le regard presbyte et ému. Une île jalonnée de silos immobiles les tend vers le ciel sans l’eau. Personne n’embête ou nie les jours J allongés. Des dieux depuis la profondeur du ciel écrivent des c et des t selon le temps. Devinée, je te choisis et cogne les banderoles de titres tendues entre les nuages. Derrière mes lunettes, je suis envahie par la buée sur mes verres et les larmes au coin des yeux. Des silos sans o sont tendus vers le ciel tout au long de l’île. Les jours s’allongent et se couchent sans être dérangés. Tu me devines et me choisis ton élue alors que je blesse les ailes des phrases dans le ciel.

Carrés sonores dans les tympans froissés

Maculé de blanc, le bleu moins vif, le ciel ne la ramène pas. L’éclat des jours d’hiver au froid sec est terni par l’absence de soleil. Trois cheminées échangent des signaux qui s’évaporent bien tôt. Le soleil voilé dessine un rectangle de blanc presque jaune scintillant sur la poisseuse façade que trois fenêtres échancrent. Quelques sons sifflés dessinent comme des carrés sonores dans mes tympans froissés. Et les sourdes voix franchissent les parois comme lorsque l’enfant s’endort contre le sein dans une fin de soirée animée. Je ne lis nul élu dans les lignes de la main. Mille harmonies amenuisent l’île du silence. Sentir au creux de soi comme le rongement d’un silence qui ne veut plus se taire. Terré dans l’abondance de remous et réflexions, il se faufile et s’enfile dans les couloirs de mon esprit. Je ne souhaite plus savoir où est la source. Elle se défile et me défie : comme le soleil dans cet éclat orange de ton œil.

MANDER LE FLOU

Deux mandent la vie comme un objet qui se partage et se reçoit. Dis à l’oreille comme à moi, les douceurs qu’elle te donne à déguster. Quelques roses perdues au sommet de branches glacées. L’arrière métallisé entre deux portes. Sous le nœud fixé au-dessus des hanches, se dandinent les jambes fines et gainées de soie. Le coude plié comme nid de mes souffrir. J’envoie dans mes pailletés orangés, tout le bon vif et chaleureux que recouvrent mes yeux. Je n’ouvre mes yeux que derrière le verre, le flou est mon ami. Au bombé du doigt répond celui de ta lèvre.

Nuages proférés

La cheminée expectore d’éphémères nuées qui dessinent des boucles blanches sur le gris monocorde du ciel. Au travers de la fumée, un tapis expose ses ternités sur la grille d’un mince balcon. Je glisse un doigt à ta bouche pour retenir le mot que tu ne manquerais pas de prononcer sous la broussaille de ta moustache. Grise mine du jour débutant dans sa robe beige aux dentelles couleur brique. Je retiens ton sourire dans l’angle flou de mon œil. Il y éclaire une larme perdue nichée là en attente pérenne de tomber. Sous le bleu, mes lèvres esquissent la pointe d’un sourire à l’angle émondé. Blues de décembre descend l’ambre du jour dans le fond de l’âme. Désarticulée, la phrase vire en guenilles sur elle-même. L’œil dis-tu est vert mais kaki tu nies. Vers le hiatus, la virevoltude des choses pose un baiser. Vole et vire, croissant de son. Il est plus tard que ne le chuchotent les nuages proférés.

Dans l'o du soleil

Dans l’o du soleil, il y a une patinoire de lumière : toute l’eau du ciel. Plisse le cil sur l’œil. Glisse si lisse l’âme de la larme. Range tes paupières sur hier et ouvre les tiroirs de tes yeux. Que les nuances dansent sur ta rétine.