Articles

Dévoile-toi

Des voiles ah me sonnent, de leurs cliquetis et cordages, de leurs claquements venteux. Des voiles me harponnent du silence particulier qui espace les bruits de leur vibrance à l’air. Des voiles soufflent sur la présence de ma peau des souvenirs de matière légère. Des voiles plissent des boucles endiablées en couronnes reliées de fleurs et de tempérament. Des voiles passent, à l’horizon, lointaines, lointain. Des voiles jouent de leur rouge terreux passé avec la brise devant la grève blanche. Des voiles… toi…

Que pleure le temps

Glisser du vent entre les mots. Pour que coulissent les phrases. Enchanter les silences entre les sons. Pour qu’ils ravissent les cœurs. Prononcer des rires entre le gris. Pour qu’ils soulignent les contours. Colérer entre les yeux Pour que pleure le temps.

Prononcer des orages

Dans l’ambre projetée, le soleil fuit comme un stylo, orange et vert. L’incidence enflammée ombre les mots d’une dentelle noire. L’eau du ciel prononce des orages pendant que les ruisseaux dénudent les roches de leur pâleur sèche. Le vent à la peau caresse le présent. Instants de lumière quand la peau décrit des cercles de chaleur.

Jusqu'à ce qu'il se taise

Lisser les rires et lire les ires. Passer la main comme ça dans le dos. Oublier le bruit des odeurs à la fraiche. Pliée de sourire, lier au son. Glacer le ton de sucre et le donner. A qui veut. Brûler encore la sueur froide d’un geste. Epuiser le silence jusqu’à ce qu’il se taise. Manger ses mots pour ne pas mourir de fin. Et puis s’en aller comme ça.

Lire les espaces

Dévêtue des vestiges, j’y longe les tiges courbées aux eaux glisseuses sur les roches charnues de l’été. Goulument la vie dévie les instants-maux vécus. Le ruisseau déplie son courant et glisse les galets maladroits sous les pierres qui font chanter l’eau. L’absence échancre l’eau et le temps. Et le soleil échange des maux avec les vagues dénouées des nuages. Plisser le front où se battent encore les rescapés. Cligner un œil sur le temps rempli et lire les espaces entre les maux.

Il pleut

Il pleut. Je sens les gouttelettes qui pointillent ma peau. Il fait doux pourtant. Je sens même derrière les nuages la présence impatiente du soleil. (…) Je sors d’une torpeur, d’un sommeil dont je ne sais s’il a duré. Mes paupières collent un peu. A côté de moi, un regard bleu océan sous des boucles blondes. Sa main est chaude dans la mienne. Un masque lui voile le visage, ce doit être une infirmière. Je lui souris. Je me demande où je suis. (…) Je suis allongé contre un tronc d’arbre. J’ouvre un œil, le soleil pointe son nez. L’air est doux. Je tends la main pour me saisir de mon bâton et me remettre en marche. Il n’y a rien. Je me lève et regarde autour de moi. Un chemin s’ouvre, sur la gauche, je l’emprunte et me réjouis de cette ballade. Et de rentrer chez moi. J’arrive devant une maison de rondins précédée d’un jardin. J’ouvre la porte et entre. Une femme à l’intérieur me sourit. Comment s’appelle-t-elle ? Mareike, oui, cela me revient. Elle dit qu’elle est ma femme. Cela… m...

Variations: Des première fois

Variations 1 L’oiseau rouge pousse un cri saignant comme sa couleur. Qui déchire le silence velouté du ciel. Sous la branche, j’accueille la douceur des premiers pétales sur mon visage rosi. Le soleil a brillé si fort en ce printemps fait jour. Dans le creux de la main, que je passe légère au sommet des brins d’herbe, il y a la fraicheur humide et douce. Allongée sur un drap blanc épais, je fixe le bleu entre les fleurs. Ces heures de fin d’après-midi en Bavière me reviennent comme chargées d’un parfum frais et vivifiant. Partir est une vanité. L’oiseau rouge vient clencher cette porte blanche des réminiscences. Je ne me souviens plus de ce que nous buvions ou mangions mais tout était délicat et frais et vif dans la bouche et me laisse une tendreté au cœur. Frêle, oui frêle, je sens le frisson prendre goulument possession de ma peau pendant que les yeux perdus dans le fond du ciel je vois des rondeurs laiteuses traverser le ciel. L’oiseau rouge, un brin d’herbe dans le bec, vole à gra...