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Autoportrait

Chaotique, c’est Thétik Chaos, c’est l’os à ronger Qu’a eau, c l’ose arrangé KO, c rose allongé. S-pérante S-Thétik Sinueuse et sirupante, elle ne vise que le sens du Bien Solide et soluble, elle ne frôle que le sens du Bon Surmenée et suspicieuse, elle n’évite que le sens du Beau Hypo Thétik L’eau la lie et la longe Plausible elle fut cible Abstraite elle abrase les faits Syn Thétik Sainte artificielle Teinte d’art t’y ficelle Feinte mare y ridelle Pro Thétik Professe le son pour sens Produit le sens pour son Promène le son pour sang Mer Thétik Mère sans joies Mère cent peines Amère s’en va, s’en vient

Le tu se sait

Puissance du dire quand le tu se sait. Tu crois être su. Mais le tu dans le silence sait, il contient tous les non-dits, tous les loups de sens. Tapi dans les bois, tu veilles aux crocs et aux pas. Lourd de toi-même, tu te plains, plein que tu es de ces silences remplis. Plié sur toi-même, tu redis le dit du tu.

Dévoile-toi

Des voiles ah me sonnent, de leurs cliquetis et cordages, de leurs claquements venteux. Des voiles me harponnent du silence particulier qui espace les bruits de leur vibrance à l’air. Des voiles soufflent sur la présence de ma peau des souvenirs de matière légère. Des voiles plissent des boucles endiablées en couronnes reliées de fleurs et de tempérament. Des voiles passent, à l’horizon, lointaines, lointain. Des voiles jouent de leur rouge terreux passé avec la brise devant la grève blanche. Des voiles… toi…

Que pleure le temps

Glisser du vent entre les mots. Pour que coulissent les phrases. Enchanter les silences entre les sons. Pour qu’ils ravissent les cœurs. Prononcer des rires entre le gris. Pour qu’ils soulignent les contours. Colérer entre les yeux Pour que pleure le temps.

Prononcer des orages

Dans l’ambre projetée, le soleil fuit comme un stylo, orange et vert. L’incidence enflammée ombre les mots d’une dentelle noire. L’eau du ciel prononce des orages pendant que les ruisseaux dénudent les roches de leur pâleur sèche. Le vent à la peau caresse le présent. Instants de lumière quand la peau décrit des cercles de chaleur.

Jusqu'à ce qu'il se taise

Lisser les rires et lire les ires. Passer la main comme ça dans le dos. Oublier le bruit des odeurs à la fraiche. Pliée de sourire, lier au son. Glacer le ton de sucre et le donner. A qui veut. Brûler encore la sueur froide d’un geste. Epuiser le silence jusqu’à ce qu’il se taise. Manger ses mots pour ne pas mourir de fin. Et puis s’en aller comme ça.

Lire les espaces

Dévêtue des vestiges, j’y longe les tiges courbées aux eaux glisseuses sur les roches charnues de l’été. Goulument la vie dévie les instants-maux vécus. Le ruisseau déplie son courant et glisse les galets maladroits sous les pierres qui font chanter l’eau. L’absence échancre l’eau et le temps. Et le soleil échange des maux avec les vagues dénouées des nuages. Plisser le front où se battent encore les rescapés. Cligner un œil sur le temps rempli et lire les espaces entre les maux.