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Bleu-lait

Elle est bleue, te dis-je. Elle est bleue et clignote. Le lait bleu du ciel remplit les blancs entre les feuilles. Il est tôt dans l’au-tôt-ne.   Inspirer les particules de temps l’espace d’une seconde.   Et laisser errer l’air usé. L’r rusé, le tant multiplie le peu de temps qu’il pleut. Elle clignote dans les interstices du volet. Quand les feuilles disputent en vert au lait du ciel. Le torchon. Ni bleu-lait ni vert-moche. Le torchon qui chigne et se tord dans les mains froides de bleu et usées. Sagen was Sache ist. Dire ce qu’il en est. La grue clignote en bleu électrique, je vois le clignotement par les interstices du volet pas fermé. Dans le feuillage, des trouées de ciel presque bleu. Le torchon se tord dans les vieilles mains.

Mal au gris.

Premiers froissés de jaune... Eclats clarteux qui jouent à colin maillard sur les nervures encore vertes. Le tilleul ment sec sous la brise bruissante. Tous les grains de beauté du feuillage chuchotent des constellations. J'ai mal au gris des pluies à venir. La chaleur solaire se terre. Je croise les sens interdits et les doigts. Le courage a l'âge du matin.

CL - Elle sait

Lacérer, enlever, initier, nettoyer, implanter, naturaliser, gérer, embourber, raser Charpie, honte, rage, ignominie, saleté, terreur, infecte, nuisible, emportement.

E-blue-ie

E-blue-i: c'est le bleu qui franchit tes yeux pour les enduire de lumière. En-rat-ger: c'est en toi le sifflement de ta colère qui te dévore du dedans la queue entre les jambes. Je soulève le rideau et la paupière palpite. Désœuvrée la pupille se délie et telle l'alouette se maintient en vol au-dessus de sa proie.

Tant étang temps

Abrutie de temps, je bouscule les instants qui collent à mes souvenirs. La seconde qui percera les poches sous mes yeux n’est pas née. La couture des jours s’effiloche. Avec mon fil de paresseuse je rabiboche les temps qui veulent signifier ou être. Présent, cadeau du temps qui est à mes espoirs déçus.

Ployer les sens

Le tilleul froissé par le vent, j’ai à ma peau des bouffées de fraicheur qui me saisissent et m’enveloppent comme un bras long et ferme. A des pétales duveteux, ma voix tremble des intensités. Mentir du sang qui pousse ses globes dans un devenir veineux. Chut, le souffle au soir de bouche à bouche narre l'indicible. La montée capillaire du ressenti dans les parois de mon être entame le verre. Tout est si bleu à nos rires. Je palpite profonde dans ce regard grandissant.

Emaillée de sourires

Enrubanné de bleu lumière, le matin ment gris à mon cœur. Une colonie de mots mêle l'arraché à la rongeuse. Lourde de silences mal conquis, je déroule ma langue de petits "dois". Il est bien passé midi à mon cœur et je laisse un pleur sur ta peau grise de tabac. Dans la lumière boutonneuse de l'été, je ramasse quelques intériorités. L'âme a mille ans. Emaillée de sourires, la tristesse me porte jusqu'à demain.