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Atelier d'écriture du 28 mai 2016: alphabet

Abécédaire: amitie, bizarre, castagne, distiller, étoile, fée, gracile, haleine, idéal, jurer, koala, lire, marrie, nez, opérer, partir, quête, rester, salir, tuer, unité, verdir, wagon, x inconnu à cette adresse, yaourt, zoo. 2 mots maximum par phrase et replacer les mots dans l'ordre. Jo et moi avons toujours eu une amitié bizarre. De la castagne en paroles mauvaises distillées au fil des jours, voilà ce que c'était. Oh je n'en veux pas à mon étoile que Joe n'ait pas été la fée que je voyais en elle. C'est juste que au vu de son air gracile, elle me semblait avoir une haleine de rose. Dans l'idéal, j'aurais juré que l'on pouvait lui faire confiance. Je lui aurais confié mon koala sans problème: je lisais son honnêteté dans son regard. Alors je me retrouvais fort marrie face au pied de nez qu'elle m'a fait. Je n'attendis pas qu'elle ait fini d'opérer son revers pour partir. Je nous croyais dans la même quête d'amitié fiable et ...

Atelier d'écriture du 28 mai 2016: la Joconde

Le point de vue de la liste: - une route - un sourire - un pont - de l'eau x 2 (étendue + cours) - un paquet de drapés - des plis plats (1 collection) - une robe bleue - deux grands yeux - un muret - une chair pâlichonne - une paire de mains lascives - un air chagrin - un regard coquin - un voile pour cheveux - de la peinture à l'huile - des bigoudis

Atelier d'écriture du 28 mai 2016: achever un tableau

1/ description objective: Constitué de trois bandes, deux larges et une plus fine au milieu, le tableau intitule Rodt and blue mesure 294 sur 232.4 cm et à été peint par Mark Rothko. Il est réalisé à l'huile, sur une toile, en 1953 et se compose de trois couleurs, du marron, du bleu et un mélange de marron et bleu. 2/ description interprétative: Le clapotis, on croit l'entendre, c'est le bleu de l'eau qui vient cogner contre la paroi du quai sombre ou des pas esseulés et furtifs cheminent au loin. Le quai, seul, froid, de bleu et d'ombre, ou les flaques d'huile et les marres d'eau salée se marient, mal, inharmonieusement. La couleur est épaisse de cette nuit mais pas opaque. La brume des heures sombres dessine des formes et des traits indescriptibles à l'œil nu mais que l'oreille devine à taton, à la faveur du silence portuaire glacé. L'eau, en bas du quai, rejoint l'horizon et le haut de la toile dans un bleu dense et presque lumineux. ...

Atelier d'écriture du 28 mai 2016: lipogramme du i

Lipogramme du i dans Brise marine de Mallarme La peau est fade, hélas! Et je lus tous les textes. S'échapper! La-bas s'échapper! Je sens que des mouettes sont saoules D'être dans l'écume étrangère et le bleu Les regards reflètent de pauvres espaces verts Sans capter ce cœur trempé dans la mer O sombres heures! Non plus que la clarté déserte de ma lampe Sur le support en creux que la blancheur défend Non plus la jeune femme donnant à manger à son enfant. On s'échappera! Streamer balançant ta mature, Lève l'ancre pour une nature étrangère Un problème, désolé par les cruelles espérances, Attend encore beaucoup des étoffes blanches et seules Et, peut être, les mats, provoquant les orages Sont eux de ceux qu'un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mats, sans mats, sans même de rares parcelles de terres abondantes et seules Pourtant, o mon cœur, entends le chant des matelots!

Atelier d'écriture du 28 mai 2016: le Flacon - Baudelaire

Mots retenus: poreux, acre, sombre, flacon, armoire, ancienne, vertige, vestige, odeur, temps, cœur, liqueur, paroi, vie... Sur la paroi du temps, l'âcre odeur de vécu pose des gouttes de vie. L'ancienne, au cœur vestige d'une époque aimée, souffle un vertige sur le parfum de la peinture appliquée à la toile. Tu ouvres le sombre quand le flacon cogne à la porte de l'armoire chargée. Le liquide peureux étale la matière en couleurs poreuses.

Atelier du 23 avril 2016: à la gare

Un homme descend. Il avance un peu et semble hésiter. Plus loin une femme sourit. Le narrateur depuis son siège, oregarde, repart et ne voit pas la suite. Le bruit du métro passe dans les graves avant que sur un claquement les portes ne s'ouvrent et ne délivrent quelque passager bien vêtu et accroché à son attache-case. Il jette un regard au loin, sur la pancarte de sortie peut être. Il cherche. Sa route ou un visage connu. Mes écouteurs sur les oreilles, je le dévisage. Avec son air ténébreux et propre, il m'invite à la rêverie. Ses yeux sombres s'éclairent soudain, je tourne la tête et je distingue derrière la vitre taggee une jeune femme, qui, dans son élégance et sa fraîcheur, sourit comme une jonquille au soleil. C'est le sourire qui donne son éclat au regard? Dans l'incertitude, mon regard trace un lien explicatif. Déçue presque de l'infidélité du regard de l'homme à sa noirceur, je replonge mes yeux dans le noir du texte qui m'emporte jusqu...

Atelier du 23 avril: rue traversière

Je revenais avec mon bidon de lait de la ferme voisine en titillant de mon bâton la chatte câline qui venait de faire une portée de quatre chatons tous tachés de blanc. Je venais de quitter la rue principale, j'entendais au loin hennir les chevaux du club hyppique. Le crépuscule avait cédé la place à la nuit et je ne distinguais plus que des ombres. J'empruntais la rue traversière quand sous mes yeux une silhouette dépouillée et gracile plia le genouavant de péniblement reprendre son errance d'une façade à une porte traînant dans son paquet de linge une voix geignarde et affamée. La forme se pencha au bord de la rivière et déposa son fardeau que j'entendis engloutir par les flots troublants. J'avais été le seul spectateur et moi aussi j'erais dans la nuit obscure. De ce jour, j'erais longtemps dans toutes les nuits. Et les villes et villages que je parcourais toujours de nuit regorgeaient de silhouettes singulières et de voix qui dans mon sommeil rebondissai...