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Atelier du 23 avril 2016: à la gare

Un homme descend. Il avance un peu et semble hésiter. Plus loin une femme sourit. Le narrateur depuis son siège, oregarde, repart et ne voit pas la suite. Le bruit du métro passe dans les graves avant que sur un claquement les portes ne s'ouvrent et ne délivrent quelque passager bien vêtu et accroché à son attache-case. Il jette un regard au loin, sur la pancarte de sortie peut être. Il cherche. Sa route ou un visage connu. Mes écouteurs sur les oreilles, je le dévisage. Avec son air ténébreux et propre, il m'invite à la rêverie. Ses yeux sombres s'éclairent soudain, je tourne la tête et je distingue derrière la vitre taggee une jeune femme, qui, dans son élégance et sa fraîcheur, sourit comme une jonquille au soleil. C'est le sourire qui donne son éclat au regard? Dans l'incertitude, mon regard trace un lien explicatif. Déçue presque de l'infidélité du regard de l'homme à sa noirceur, je replonge mes yeux dans le noir du texte qui m'emporte jusqu...

Atelier du 23 avril: rue traversière

Je revenais avec mon bidon de lait de la ferme voisine en titillant de mon bâton la chatte câline qui venait de faire une portée de quatre chatons tous tachés de blanc. Je venais de quitter la rue principale, j'entendais au loin hennir les chevaux du club hyppique. Le crépuscule avait cédé la place à la nuit et je ne distinguais plus que des ombres. J'empruntais la rue traversière quand sous mes yeux une silhouette dépouillée et gracile plia le genouavant de péniblement reprendre son errance d'une façade à une porte traînant dans son paquet de linge une voix geignarde et affamée. La forme se pencha au bord de la rivière et déposa son fardeau que j'entendis engloutir par les flots troublants. J'avais été le seul spectateur et moi aussi j'erais dans la nuit obscure. De ce jour, j'erais longtemps dans toutes les nuits. Et les villes et villages que je parcourais toujours de nuit regorgeaient de silhouettes singulières et de voix qui dans mon sommeil rebondissai...

Atelier du 23 avril: mystère et boule de gomme

J'ai le temps, pensait-il, je la tuerai sous un tunnel. Il pleut. Les gouttes claquent contre les vitres. Le train rugit dans sa course folle. Rien ne l'arrêtera avant Nice. "J'ai le temps, pensait-il, je la tuerai sous un tunnel." Un contrôleur, qui promène sa gouaille le long des couloirs, me salue. Je baisse ma casquette sur mon visage. Il oubliera mes traits ombrés. L'impatience turlupine les enfants du compartiment voisin. La nuit est déjà tombée. Comme la petite blonde contre sa jambe qu'il avait secoué d'un geste agace mais discret. Dans quelques kilomètres viendrait un long tunnel qui enfoncerait les wagons dans une nuit plus noire encore. D'ici la, les enfants seraient couchés et les parents distraits. Et lui, il pourrait alors mettre ses mains autour du cou blanc de la tristesse qui l'obsède et qu'il tuera lentement en l'étouffant dans un sourire.

Atelier du 23 avril: les îles

1) l'île aux lapins 2) inventer des noms de lieux, de villes, de criques,...: La crique aux œufs - Fenestrel - Ste Lucie en l'île - la chapelle paquarde - la baie des carottes - Tripleux les coquillages - plage de l'œil bleu - la pointe du nez - carrefour de l'humain 3) voir carte 4) lexique de l'île: plages rares et blanches - des monts ronds et verts - des lapins sous de gros rochers - spécialité: gâteau aux carottes des sables - chocolat à la chapelle 5) une petite histoire qui décrit l'île. Proposition: personnage central par nuit de tempête ou de pleine lune: Je regarde ma montre et m'affole: il est dans le four depuis plus d'une heure, il faut qu'il soit caramélisé mais pas cramé mon gâteau aux carottes des sables: je ne m'appelle pas Claudine. Alors je m'achemine en courant vers Fenestrel, dépasse la pointe du nez en plissant le mien. À Ste Lucie en l'île, je vois ma délicieuse Alice penchée à sa fenêtre et qui m'appelle ...

Atelier du 23 avril: stations de métro

- point de vue du dentiste: Station canine - porte de la bouche - station de l'incision - station la couronne - quai du polissage - l'indécis ou l'orthodontie - la muette - convention - mutuelle - point de vue des enfers: Porte des flammes - rocher de Sysiphe - les autres - la brûlerie - Auschwitz - quai de la Vie ratée - porte de la chapelle - purgatoire.

Atelier du 23 avril 2016: j'adore les villes...

J'adore les villes ou - le soleil sent bon. - les pierres parlent du temps. - l'on peut marcher d'un nid de verdure à un point d'art. - je t'ai rencontré, étranger à ma vie mais qui ne l'est pas reste. - il y a une tour Eifel. - l'on parle une autre langue que les miennes. - je retrouve des souvenirs taquins au détour d'une rue. - les Charles ont séjourné un bout de vie et ou on ne les oublie pas. - je connais une personne qui la dévoile pour mes yeux goulus.

Atelier du 26 mars: l'ascenceur du Japon

Rétraction en un poème un prose d'un texte de Tabucchi Desert du quai ou vibrent sirène et cloche quand le jaune de la grue traverse le ciel de midi. Les maisons en demi-soleil offrent leurs jaunes et leurs rouges au regard de celui qui sous le chapeau a chaud. Plaisanterie, chant et sourire ponctuent la syntaxe du regard de Nicola. Dans la boîte aux lettres ou rouille le rouge, la lettre à Lisa a rejoint le temps gardant son incognito pour qui la posta, à voix haute. Rétraction en un haïku de ce même texte Midi jaune, ciel Chaud. La lettre postée dans la rouille Rejoint Lisa. Dilatation du haïku suivant Il vient juste après La touche Enter Le remord La phrase est prête dans ma tête. Je l'ai tournée, retournée, pliée, courbée, habillée puis dénudée. Il n'y aura qu'une phrase pour dire l'indicible, ce nord de nous. Une phrase élaborée et tendue dans le non-sens de ce non-nous. À force de me la répéter, je la sens crépiter déjà sous mes doigts b...