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Vent vers (14)

Les cimes effarouchées des acacias s'affolent. Les branches brisées balancent leurs robes de feuilles noires sur le gris bleuté d'un ciel rongé par les ombres et le vent. La rage est noire comme une nuit dont le ciel encombré cognerait en soufflant. Une fraicheur aqueuse dans l'air dilue le chaud sur la peau. Transpire: à travers le pire les pores perdent leurs eaux.

Vent vers (13)

Eté revenu où le sureau le dispute à la pomme. Les fleurs à l'ongle, je vois vers le vent. L'eau cogne dans les vagues du fond de moi. Salée, elle coule comme le bleu. Rayée de jaune, l'ombre projetée sur le sol dessine des contours auréolés aux matières sourdes du sol. Sous l'œil du soleil veille le seuil des choses. Enfilade d'images qui se télescopent sous la peau et l'âme évidée de sa pleine souffrance creuse les rides de mon histoire.

Vent vers (12)

Butée des mots contre les lèvres celées. Dis. Dis. Le chaos cailloute contre les canines. La phrase sibylline saisit le sens soufflée. Quand l'air floute le lumineux, les bouffées compactes qui le forment cognent nos peaux de chaleur. Floutée, la lumière qui baigne les feuillages joue des jeux de tâches tout au long des troncs. Le souffle asthmatique du vent dans la nuque rappelle la présence du temps dans son épaisseur. Il défile, le temps, il défile. Fine pellicule qui prend sa profondeur au rythme des anxiétés.

Vent vers (11)

Bonne mousse blanche qui se dessine en charades.  Boules de coton agglutinées en sens dans le ciel. Formes qui disent quand le vent les creuse à coups grands dans le blanc. Fa. Note esseulée qui raisonne en somnolence dans ce grand corps trop large. Syllabe mutine qui entame le tout et son contraire. Flottée au vent,  la chaleur fébrile se laisse mal mener sur nos peaux où les feuilles et branches superposent leurs ombres entre les interstices du soleil.

Vent vers (10)

Le ciel dévore les cimes des arbres d'un gris vert de pluie. Les insectes au repos, la peau démangée se détend. Dis. Dis même les lèvres serrées. Dis même la bouche condamnée. Dis avec ton corps d'âme boiteuse les rayons de beau dans le gris-pluie. Grand vent. Vent aux longs bras qui trainent à la suite de son grand corps maladroit et malade. Vent qui tourne la tête aux arbres malmenés par ses coups. Tant de vent, temps de vent. Mille vents pliés en quatre où s'envolent les sentiments blancs de sale temps.

Vent vers (9)

Mûritude du blé où les épis flottent en vagues sur leurs tiges. Odeur chaude et pleine qui porte à la voix des mélodies désossées. Notes goulues de souvenance. Où la vie est coincée prise dans l'écriture du passé. Lâché de mémoire comme précipité de présent. Le regard porte l'horizon où flotte le baiser de l'eau au ciel ému. Sous le sous-leil - lame et larmes. Rage rentrée d'une tristance rongée. Sous l'eau, rage du vent, éclats de sons qui morcellent le ciel en puzzle en négatif

Vent vers (8)

La soupe épaisse et grise du ciel dégouline le long des branches et du vert jusqu'au terreux sol. Juste à la pointe, le blanc qui jaillit en flamme de dessous la peau. Trace de silence sous le sang. Sans faibl'heur, état de non-sens. Doulourance... Aimer son soi enfant. Cueillir au cœur de l'être les devenir et libertude de l'âme. Bleu morcelé de gris. Le soleil pris dans les mailles du ciel traîne un peu dans sa course.