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Vent vers (3)

Quand éparpillées de vert les feuilles applaudissent au vent le soleil retournant, le rouge pousse aux joues et les bouffées de printemps emplissent les narines frémissantes. Quand le poil glisse sur le grain du papier mouillé, les voix résonnent dans ce nid de bois et d'herbes. Une odeur dit au temps le vent que nourrit la terre humide et timide. Mouches et bestioles blotties sur les grains de peau sont autant de croches que la partition de nos corps met en mélodie. Et il court le soleil le long des points de rousseur à tracer la carte de tout ressenti. Les iris tournées vers le rayon chaud et éclatant de ce regard du ciel vers le vent du jour qui charrie pollen et lumière.

Vent vers

Des feuilles balbutient le vent et se frottent et sifflent des coups, c'est l'air qui plisse. Chut et les plumes sous les becs glissent. Le vert, dit la voix, le vert vente et bafouille. Floutees elles s'effilochent et s'enveloppent de f et de s, c'est le vent, l'enfant de l'air qui brasse et fouille les branches et bafouillent les feuilles du tendre matin. Les cimes chahutées barbouillent de nuages le ciel. Gorgées de vent, elles papillonnent en vert sur la ligne bleue buvard des monts.

Il y eut....

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C'est ma phase orange

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C'est l'automne....

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Vases communicants de février 2013: Christopher Selac

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Quai n°4 Ils sont sur le quai. Arrivés en avance, au jour qui hésite encore, il l’a aidé à monter ses valises à bord, puis ils sont ressortis. Le goudron est encore humide, l’air frais, tout pour faire un matin comme un autre. Pourtant aujourd’hui ils se séparent. Ils s’enlacent, s’embrassent, se caressent et se consolent, se promettent mille choses. Autour d’eux le monde est devenu élastique. Trop lent, trop rapide, le temps s’égrène avant de revenir à son normal déroulement, quand le sifflet retentit, quand il faut regagner le wagon au moment où le vérin referme la porte. Chaque train en partance est abandon. De quelqu’un. De quelque chose. De quelque instant. Des promesses qu’il emporte toutes n’arriveront pas, toutes ne reviendront pas. Ils sont jeunes, ils s’aiment, et pourtant elle doit partir, loin, longtemps. Ils sont certains de faire mentir les proverbes, ces « loin des yeux, loin du cœur » que leurs amis leur serinent depuis qu’ils savent. Des certitudes éphémère...

Vases communicants de Décembre 2012: Eve de Laudec (1)

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Voulais atteindre le vaisseau d’en haut, cette tortue volante qui fonçait dans l’outre-mer, ailes fuselées tendues en arrière, enserrant dans ses puissantes mâchoires un poisson de lune qui ne pouvait ouïr. Elle pourchassait l’otarie d’acier grimée en nuage pour échapper à l’œil exercé du reptile. Voulais tant savoir pourquoi elle engloutissait les vols au vent. Alors me suis engagée dans l’océan pour m’approcher au plus près du ciel. Très vite le sable s’est dérobé sous mes pas. Ai atteint le dos du rouleau. Marchant sur sa crête de coq-quillage, me suis entaillée les plantes de pied. Pensais y glisser, comme dans une mousse affable, mais non ! N’étais même pas au sommet de la vague, qui me narguait dans un remous livide. Ses fines petites dents de squale, chatoyantes dans l’aigu, se sont plantées dans ma chair, mille aiguilles fouillant les ouvertures béantes par où s’engouffrèrent l’eau tourbillon. Eu froid, très froid,...