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Vases communicants de février 2013: Christopher Selac
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Quai n°4 Ils sont sur le quai. Arrivés en avance, au jour qui hésite encore, il l’a aidé à monter ses valises à bord, puis ils sont ressortis. Le goudron est encore humide, l’air frais, tout pour faire un matin comme un autre. Pourtant aujourd’hui ils se séparent. Ils s’enlacent, s’embrassent, se caressent et se consolent, se promettent mille choses. Autour d’eux le monde est devenu élastique. Trop lent, trop rapide, le temps s’égrène avant de revenir à son normal déroulement, quand le sifflet retentit, quand il faut regagner le wagon au moment où le vérin referme la porte. Chaque train en partance est abandon. De quelqu’un. De quelque chose. De quelque instant. Des promesses qu’il emporte toutes n’arriveront pas, toutes ne reviendront pas. Ils sont jeunes, ils s’aiment, et pourtant elle doit partir, loin, longtemps. Ils sont certains de faire mentir les proverbes, ces « loin des yeux, loin du cœur » que leurs amis leur serinent depuis qu’ils savent. Des certitudes éphémère...
Vases communicants de Décembre 2012: Eve de Laudec (1)
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Voulais atteindre le vaisseau d’en haut, cette tortue volante qui fonçait dans l’outre-mer, ailes fuselées tendues en arrière, enserrant dans ses puissantes mâchoires un poisson de lune qui ne pouvait ouïr. Elle pourchassait l’otarie d’acier grimée en nuage pour échapper à l’œil exercé du reptile. Voulais tant savoir pourquoi elle engloutissait les vols au vent. Alors me suis engagée dans l’océan pour m’approcher au plus près du ciel. Très vite le sable s’est dérobé sous mes pas. Ai atteint le dos du rouleau. Marchant sur sa crête de coq-quillage, me suis entaillée les plantes de pied. Pensais y glisser, comme dans une mousse affable, mais non ! N’étais même pas au sommet de la vague, qui me narguait dans un remous livide. Ses fines petites dents de squale, chatoyantes dans l’aigu, se sont plantées dans ma chair, mille aiguilles fouillant les ouvertures béantes par où s’engouffrèrent l’eau tourbillon. Eu froid, très froid,...
Vases communicants de Décembre 2012: Eve de Laudec (2)
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Les flamants dégorgent lilas au bord du lit dont les linges défaits se répandent en lac, las. Eyasi Là, tu étouffes, les lacis de jacinthes liées ont souillé ta lagune, mêlés à la laitance de tilapias lascifs. Et l’eau se perd, aux larmes d’un lamantin égaré, languissant, impuissant, tel le monstre d’une légende à conter. Eyasi Quand les limbes du jour descendent des sommets, à l’heure où le ciel en lave étend son lavis lie-de-vin et lèche à grands coups de langue limonite la savane lézardée, s’insinue comme un leurre dans l’ocre des volcans, enterre de sienne brûlée la fournaise, apaise le cinabre et flatte en vermillon, lorsque commencent à vibrer en amalgame les peaux retendues et la mélopée des crapauds buffle, Alors tu te réveilles Eyasi Seuls les lampyres étoilés ou les yeux des léopards éclairent les lapillis rocheux, et loin, très loin, les lueurs du lodge. Aux confins de l’ouest, les cloches g...
Vases communicants de décembre 2012: Eve de Laudec (3)
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Entre l’autre et l’un Entre deux, perceptible, irréelle existence, Sépare en exigence, découpe sans mélange, En infime passage dérobé sans férir, Inconnu visuel, une strie messagère Frontalier en fluide, en éther, ou ailleurs, Là et loin une idée à peine formulée Accrocheur de rayons parme ou passe-velours, Les reflets déjoués d’un trait alizarine Limite sans limite tournois tempétueux D’échappées embuées traînes effilochées, Cordonnet enserrant les cheveux des sirènes, Passage de sabots de pégase enivré Ride de Poséidon ou rire d’Ouranos, Comme un ongle rayant la toile de l’artiste S’y perdre s’y trouver et se prendre à rêver D’horizon Eve de Laudec 15 nov 2012 http://evedelaudec.fr/cooperations/les-vases-communicants/index.php