dimanche 20 mai 2012

Les lèvres salées des rivages

Paupières tirées, baissées, pendues, les yeux se heurtent à la souffrance de ton corps lacéré de pensées assassines. J'agrippe d'une main les branches de la parole ou se posent les mots émus et élevés. Sous la mer. Des graines de sable plantées dans " l'un dit" germent en étoiles de bulles sous le souffle d'un couteau. Je sens ton soupir dans ma nuque, il n'est nul abri pour plier ces corps si longs qui raides. Les lèvres salées des rivages donnent un goût amer aux baisers des paysages. Nul ne plie et le poids du doigt retremble dans la pression à terre réelle. Nulle manigance et le corps si rond n'entre pas dans les cases qui occupent toute la lenteur de l'horizon. Immobilier je vois ce vendre creux. Pas de cellules nouées dans une devenance, juste un trop plein de liens éparpillés en forme de silences crayeux. Il est et je ne sais être. Je sens ce début de corps m'emploie l'âme d'une larme sanguine. J'oublie ton veux. Mais la branche de vie qui s'accrochait a moi. Perte et violence dans l'accoutumance de ce corps déshumanise et perclus de douleurs rondes et multiples qui s'empilent sous la peau dans le dos du temps. J'ai perdu ton enfance et toi la vie. Je murmure plurielle en attendant que la souffrance du temps se dénude.

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