mercredi 6 janvier 2010

Des yeux aussi durs que le froid

Il fait un froid ouateux, un froid silencieux.
Le bleu des lampadaires pointille ce mensonge de ciel. Même la neige a trop froid pour tomber.
Je laisse.
En poignées, les lettres dégurgitent des mots hésitants.
Il fait jour sans lueur. On a oublié d'allumer les couleurs, leurs lumières sont comme éteintes.
Le froid sculpte les mouvements. Il n'y a plus de gens.
J'ébouriffe les regards de mes bleu et de mes dé-formes. Pas de chair hors les matières, juste des yeux aussi durs que le froid. Je ne croise qu'eux au travers de regards lancés amicalement.
Je n'ai plus de mots pour dire le froid et ses blocs. Il faut au moins du Johnny Cash pour les bousculer et les faire changer de point de gravité.
Je chute de là dand le silence d'avant les mots, m'y enfonce. De sons sussurés en nuances de bruits jusqu'aux respirations retenues et la nuit des choses.
J'ai, aux regards, tes gestes, tes effleurements, et je me dis que ma peau n'est pas encore muette, toute baillonée qu'elle est.

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