mercredi 23 décembre 2009

Voluptueux rouleaux

Il fond à gros bouillons. Et le plomb, leste, ne glisse pas. J'heurte mes yeux à les laver de tant d'émotions mâchées et rendues. Sans cesse la goutte au creux et les traits du sommeil qui tirent sur les paupières.
Fermer boutique, que le coeur ne marchande plus. Vendue je sers les pupilles pour y comprimer le noir mou de n'être pas vu. Quand un fil est tiré, la maille se défait. Lâche, elle se casse et s'écrase au pied des jours. Au seuil du resenti, il y a les masses de ces tristesses et de déceptions qui se jettent comme aux rives de mon âme où l'amour n'est pas une flamme mais un sable si bleu qu'il glisse sous les grains de peau.
Le pied posé puisque la jambe ne pousse pas plus loin. Je plisse ma démarche à la neige fondue de nos rires givrés. Encore un flot de larmes que l'enduit du sentiment endiguera à la surface de l'oeil et du coeur.
Les voluptueux rouleaux détonnent.
Juste la houle à la courbe de la nuqueoù la gerbe de mes vertiges jaillit et berce d'autant de fluides matières mes pauvres mal être. Les riches sont partis dans la nuit de moi. Je les surprend parfois à l'angle d'un rêve ou d'un regard fraternel.
Je crains les bruits qui vont étrenner nos silences et donner l'espace à nos désententes. Je tends l'oreille pour recevoir tes attitudes et trancher en moi les lambeaux de culpabilité que tu vas dévisager gêné. J'ai besoin de tes voix et du rire de tes yeux.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire